D’Israël aux Etats-Unis, « Envoyé spécial » a goûté ce que des chercheurs et des industriels appellent « la viande alternative » : de la viande fabriquée avec une imprimante 3D, ou encore à partir de cellules cultivées en laboratoire…
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Ndlr : « C’est un changement de civilisation »…
Regardez bien cette émission, parce qu’elle a changé ma vision de la viande synthétique. Avant de voir cette video, je pensais que la viande synthétique n’était pas destinée à devenir de vrais morceaux de viande, mais plutôt à aller enrichir les préparations de viande actuelles. Or s’il est clair qu’il n’est pas possible d’imprimer une entrecôte, qui contient divers autres ingrédients, comme du nerf, du cartilage, du gras, du tissu conjonctif, des défauts dans les fibres, qui lui donnent une texture et une apparence inimitable, réaliser de fines tranches de vrai filet de boeuf ou du filet mignon est tout-à-fait possible. De fait, je me trompais…
Il résulte de tout ceci que le secteur est bien plus avancé que ce que je pensais et que le gars, qui à la fin prétend que cette industrie pourrait émettre massivement du CO2 dit absolument n’importe quoi. C’est du même acabit que les âneries de Jancovici. Tout d’abord il est faux de prétendre qu’aujourd’hui une grosse part de l’électricité est produite à partir de pétrole ou de charbon, c’est tout simplement faux. Aujourd’hui le pétrole représente 80% de l’énergie globale de la planète, mais c’est à cause des véhicules et des chauffages, pas des centrales thermiques, qui sont en recul continu. La vérité est que ces usines seront des usines modernes, avec des panneaux photovoltaïques sur le toit et des véhicules électriques. Et entretemps la consommation de fossiles pour la production d’électricité aura baissé d’au moins les trois-quarts et les ENR auront plus que doublé. Sans compter qu’il se peut que d’ici-là les premières centrales à fusion soient entrées en fonction.
Autrement dit, la production d’énergie d’ici les 20 prochaines années, lorsque cette industrie se sera déployée, ne correspondra plus du tout à ce qui est aujourd’hui et donc son propos ne vaut tout bonnement rien. Ne serait-ce que parce que ceux qui produisent cette viande ont une très grande conscience écologique et ils ne vont pas produire de la viande synthétique pour produire du CO2 massivement. On peut même parier que c’est l’occasion d’une économie circulaire, des partenariats industriels de fourniture d’énergie et de captage du CO2 directement à la source.
Ces jeunes industriels qui produisent de la vraie viande sans viande sont des visionnaires, qui proposent clairement l’alimentation du futur. J’arrive tout-à-fait à imaginer qu’un jour il soit interdit de tuer un animal et que l’on puisse aller en prison pour ça, que ce soit considéré comme un meurtre. Ca paraît aberrant aujourd’hui, mais ça ne l’est pas le moins du monde pour moi, qui en a pourtant tant tué pour les manger. Alors que ce « prospectiviste » qui critique cette production avec son joli graphique est à peu près aussi visionnaire qu’une huître de mes amies qui était délicieuse.
