“Desertification is a fancy word for land that is turning to desert,” begins Allan Savory in this quietly powerful talk. And it’s happening to about two-thirds of the world’s grasslands, accelerating climate change and causing traditional grazing societies to descend into social chaos. Savory has devoted his life to stopping it. He now believes — and his work so far shows — that a surprising factor can protect grasslands and even reclaim degraded land that was once desert.
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Ndlr : ce qui est fantastique c’est la synthèse et l’expérience. Mais techniquement, ça ne peut pas m’impressionner, moi qui tient ce discours depuis des années où j’explique que sans élevage, il n’y a pas d’agriculture. J’ai d’ailleurs intégré l’idée du troupeau itinérant dans mon projet Combilatto, reposant sur l’agroforesterie. Où une prairie sert une année à la pâture, l’année suivante donne du foin, celle d’après elle est cultivée alors que le troupeau a été déplacé au rang de culture suivant. Ainsi, les animaux profitent des arbres, qui leur apportent de l’ombre, une gâterie par leur feuillage comestible, ils enrichissent les sols, qui leur donneront aussi du foin, avant de servir à nos cultures, Tout un écosystème élaboré, que l’on pourrait élaborer autrement d’ailleurs, pour avoir d’autres productions. L’élevage fait partie intégrante de la civilisation. Les bêtes tassent le sol, ce qui limite l’infiltration de l’eau et labourent la surface, ce qui permet la pénétration et donc limite l’évaporation. Chez nous aussi si nous abandonnons l’élevage nous aurons de la désertification. Nous avons fait le contraire de l’évident depuis des décennies. Combien de vignes sont encore désherbées ? Alors que c’est le contraire qu’il faut faire, il faut les mettre en herbe. L’herbe n’est pas une concurrence hydrique, elle est au contraire la pompe nécessaire à la capillarisation hydrique qui nourrira la vigne. Ce qu’il faut, c’est abolir l’élevage industriel, générateur de gaz à effet de serre, destructeur et pollueur des terres où il existe et loin à la ronde. Il faut abolir l’élevage extensif, les troupeaux doivent être maîtrisés, pas lâchés dans la nature, il faut les parquer et les déplacer d’un parc à l’autre en tenant compte du volume de faune naturelle. Mais bon, je sais, quand on dit ça, entre le végan qui nous regarde de travers en nous accusant de spécisme, le citadin pour qui la désertification provient du fait que trop de vaches ont brouté, le paysan qui trouve tout ça absurde et se contente d’engraisser sa prairie avec de l’azote synthétique, etc…etc…etc… Les animaux fournissent à l’agriculture, la densité naturelle des sols et l’engrais qui leur est nécessaire pour être fertiles. Ils fournissent une force motrice dans bien des pays, y compris chez nous où certains travaux sont de plus en plus refaits avec des boeufs ou des chevaux de manière très rentable. Et, par conséquent, de la nourriture. C’est triste d’abattre un animal sous prétexte qu’il ne sert plus, mais c’est ainsi, l’agriculture aura toujours besoin de l’élevage. Et tant qu’il y aura de l’élevage, il y aura de la consommation de viande. Pas autant que les quantités délirantes que nous consommons aujourd’hui, mais il y en aura.
