Gilles Lepesant : La transition énergétique face au défi des métaux critiques

Gilles Lepesant : La transition énergétique face au défi des métaux critiques

« …la thèse d’un « peak metal » s’oppose à une analyse dynamique reliant les évolutions de l’offre, non pas à la disponibilité de la ressource, mais aux cycles économiques qui dictent les cours et qui eux-mêmes suscitent ou limitent l’offre. En somme le risque serait moins géologique qu’économique et politique, et une forte volatilité des cours en serait la principale traduction.  »

Ndlr : On peut d’ailleurs le voir avec l’acharnement à basculer vers le tout-hydrogène, dont le seul intérêt est de ressembler au marché pétrolier et donc de permettre de conserver un modèle économique similaire à celui du 20ème siècle tout en diminuant les émissions, mais sans réaliser la transition écologique. Et ce alors même que le rôle crucial de l’hydrogène dans la transition écologique se suffit à lui-même, mais pas aux investisseurs. Ou encore avec le lithium, qui bien qu’il ne soit ni la seule, ni la meilleure, mais la plus polluante solution pour les batteries, voit tous ses investissements se réaliser dans des technologies lithium. Le fameux « Airbus des batteries » voulu par l’UE se traduit par des usines qui vont se construire ici ou là, et toutes se réalisent autour de la technologie lithium. Partant de zéro, le concept aurait pu constituer une nouvelle filière, orientée vers les batteries du futur, mais ça aurait été renoncer au marché du lithium. L’extraction du lithium, l’utilisation du lithium, le recyclage du lithium. Ainsi, les investisseurs en investissant dans des usines qui ont besoin de lithium alimentent-ils leur propre marché circulaire, au détriment de la transition écologique.