VIDEO : Flavescence dorée : un viticulteur girondin refuse d’arracher sa vigne et attaque en justice

Un viticulteur girondin, contraint par la préfecture d’arracher une partie de ses vignes atteintes de flavescence dorée, très contagieuse pour les vignobles, attaque en justice la décision des autorités. L’affaire sera jugée ce mercredi au tribunal administratif de Bordeaux. [Lire plus…]

Ndlr : L’arrachage me semble extrême, mais alors à condition que le viticulteur fasse ce qu’il faut contre la maladie. Et je ne crois pas que ce soit possible.

Le problème est que la biodynamie nécessite des années pour sa mise en place, au moins dix ans et après elle est extrêmement fragile, même en utilisant des insecticides à base de « pyrêtre naturel », l’équilibre est rompu puisque l’insecticide ne tuera pas que la ciccadelle.

Evidemment, le problème ne se pose pas en viticulture polluante où là on gave de tout ce qu’il faut et voilà, pas de ciccadelle, donc pas de flavescence. Mais est-ce un prétexte pour donner le droit à ceux qui font de la biodynamie de menacer tout le vignoble en raison de leurs choix ?

C’est une méta-question écologique qui se pose là. Contrairement à ce que les gens s’imaginent, en réclamant qu’on interdise la chimie, on ne peut pas se passer de pesticides. C’est une croyance que « en bio ça marche ». Oui, ça marche, parce que grâce à ceux qui ne sont pas bio la lutte systémique est toujours assurée. Si personne ne la menait, la chose serait différente. Mais si on peut être bio en utilisant des produits réputés moins polluants, on ne peut pas être biodynamique, parce que la biodynamie, ce n’est pas une agriculture sans chimie, c’est une agriculture sans aucun produit, qui repose sur l’équilibre naturel. Dès que l’on traite, peu importe avec quoi, on brise cet équilibre, qui constitue un micro écosystème localisé.

Dès lors, si tout le monde fait comme ça, il n’y a plus d’agriculture.

Donc, si on veut l’écologie, il va falloir s’interroger sur l’agriculture que nous voulons et les sacrifices auxquels la société est prête à consentir. Le problème pour ce viticulteur est que s’il arrache, il va perdre son revenu correspondant durant au moins dix ans. Si la société exige une agriculture écologique, qui implique donc une lutte systémique qui contraint à l’arrachage et la perte de revenu, alors il faudra qu’en échange elle salarie l’agriculteur durant le temps qu’il consacre à cette lutte, parce que tout travail mérite salaire et qu’il y a danger de faillite pour lui. Ca revient à faire des agriculteurs littéralement des fonctionnaires.

Et si la société n’est pas d’accord, alors l’agriculteur doit défendre son entreprise pour éviter de faire faillite et donc dans ce cas ce brave homme est dans son droit. Personne à sa place n’accepterait de travailler durement dix ans sans revenu sous prétexte que le préfet l’a ordonné.

Laisser un commentaire

Fermer le menu