En avouant publiquement que ses voitures ne rapportent plus assez de revenus, le grand patron de Volkswagen vient de siffler la fin de la récréation. (Lire plus…)
Ndlr : Rien de moins que ce que je m’échine à répéter inlassablement, à savoir que la production industrielle de masse est un concept échu en Europe et ce depuis des décennies. La production industrielle de masse n’a tout simplement pas suffisamment de valeur ajoutée pour assumer le niveau de notre développement sociétal. La production automobile, en particulier, est une industrie du 20e siècle, non rentable, comme les fonderies, les aciéries, la fabrication d’électroménager ou le textile. Hormis haut-de-gamme ou relevant du savoir-faire patrimonial, bien évidemment, et donc cher et par conséquent un marché de niche incapable de répondre aux besoins en emplois d’une grande économie. Raison pour laquelle la puissante industrie automobile des allemands leur est moins problématique, parce qu’ils ont l’avantage de disposer de productions premium et haut-de-gamme, qui sont encore une valeur ajoutée suffisante. Mais pour les productions de gamme standard, comme on peut le voir ici, la valeur ajoutée n’est plus là. Et en France c’est évidemment encore pire puisqu’il n’y a pas de modèle premium ni haut-de-gamme. Chaque voiture qui sort d’usine en France c’est des centaines d’euros de dette souveraine, avec son cortège de précarité, pauvreté et inégalité. De perpétuer ces productions est en train de nous laminer et nous amènera à la faillite. Maintenant il s’agit de réagir, soit on se débarrasse de ces productions, soit on y associe les chinois pour qu’ils récupèrent le marché, soit on délocalise l’intégralité de la fabrication. Dans l’immédiat nous sommes sur la trajectoire que l’essentiel des marques européennes aura disparu en 2050, comme d’autres auparavant, Delahaye, Panhard, NSU, Facel, Martini, Hispano-Suiza, et tant d’autres qui semblaient indéboulonnables à leur époque et dont certaines étaient si innovantes que leurs technologies sont encore utilisées de nos jours. Si nous avions délocalisé Brandt, Polytechnyl, Duralex et autres, ces marques seraient toujours vivantes et françaises. En nous accrochant à ces productions trop triviales pour notre niveau de développement sociétal, nous les détruisons, en même temps que nous éreintons notre économie en l’empêchant d’évoluer.
