Dépendance des agriculteurs aux pesticides : la France a manqué le virage de la « mécanisation »

Dépendance des agriculteurs aux pesticides : la France a manqué le virage de la « mécanisation »

Selon le député Dominique Potier, auteur en 2014 d’un rapport parlementaire sur les pesticides et l’agro-écologie, les agriculteurs français disposent d’un matériel qui n’est pas suffisamment moderne. Résultat : du gaspillage et un épandage excessif.
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Ndlr : Tout près de chez moi il y a une entreprise qui a inventé un système qui permet de cultiver directement sur herbe vivace.  L’herbe est écrasée devant, puis un semoir spécial qui creuse un micro sillon lâche des graines derrière avant qu’un compacteur ne resserre le tout. Ca marche fort bien.  Je l’ai déjà partagée ici, vous la trouverez facilement en utilisant le mot-clé « agriculture » qui vous permettra par la même occasion d’avoir une vision plus globale de cette réalité.  Tout au long de l’année, les variétés végétales changent. Les variétés présentes au moment du semis ne vont pas gêner à la levée… puisqu’elles ne seront plus à ce moment-là. Par contre, elles enrichissent le sol, évitent le labour et protègent contre les adventices le temps de leur présence… et donc de la levée. Et une fois que la levée s’est produite, la culture fait concurrence aux adventices qui ont alors de la peine à se développer.  Par la suite, trois ou quatre passages dans le champ avec une bineuse pour désherber mécaniquement, des passages que de toute façon l’agriculteur fait aussi en usant de pesticides, ils ne sont donc pas en plus.  La production à l’hectare est globalement plus faible, mais de meilleure qualité, donc plus valorisable, plus nourricière, elle valorise la terre au lieu de l’éroder et l’agriculteur fait l’économie du coût considérable des intrants.  Durant des décennies j’ai vu mon oncle désherber les vignes, pour éviter que l’herbe ne produise une concurrence hydrique à la vigne, qui ainsi aurait plus à boire.  Puis son fils a repris et la première chose qu’il a faite… c’est de semer de l’herbe, en profitant pour rendre belles les vignes, avec un rang sur trois naturel, un rang sur trois avec des pissenlits et un rang sur trois avec des coquelicots…  En fait de concurrence hydrique, de désherber, non seulement compromettait l’effet de capillarité qui draine l’eau vers la surface, mais en plus en laissant la terre à nu, ça favorisait l’évaporation. Quand arrivaient les vendanges, avec l’humidité de l’automne (il faisait plus froid, il pleuvait, ça se produisait trois semaines plus tard qu’aujourd’hui) on pataugeait dans la boue.  Alors que l’herbe induit une aspiration de l’eau vers la surface, un courant qui bénéficie aussi à la vigne et elle met la terre à l’ombre, la protégeant de la chaleur et de l’évaporation. Il suffit d’un fauchage en été quand elle devient trop haute pour éviter qu’elle ne fasse de l’ombre à la vigne, produisant ainsi un compost qui enrichit le terrain. Puis l’herbe d’été meure, laissant place à celle plus basse d’automne, qu’il suffira de faucher juste avant la vendange et ainsi on vendange au propre, dans de l’herbe fraîchement coupée.  Deux visions d’une même parcelle, sachant que mon cousin, au lieu de rechercher la quantité, produit au bas mot 40% de moins que son père à l’hectare, mais son produit vaut 5x plus cher. Alors que mon oncle était régulièrement déclassé, mon cousin, lui, est tellement haut en qualité que pour certaines spécialités il doit récolter avant qu’elle ne soit trop haute, comme le font les champenois, parce qu’un Chardonnay trop mûr donne un mauvais Champagne.  Voilà ce que signifie le terme « mécanisation ». Un tracteur peut tirer de quoi désherber… ou de quoi éviter d’avoir à désherber, pour un résultat bien meilleur du point de vue environnemental, social… et moral !

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