Ndlr : Si on exclut l’aveuglement borné des auteurs qui ne comprennent pas que ce ne sont pas les machines qui vont abolir l’emploi, mais l’intelligence artificielle, qui va devenir cognitive, techniquement, ils ont néanmoins raison. L’idée de taxer les robots a les mêmes racines que la notion de Revenu Universel qu’en a Hamon et ne part que d’un manque d’appréhension de la teneur de ses concepts que les tenants de ces thèses s’approprient en comprenant qu’il y aura du changement. J’explique depuis toujours que l’idée de taxer les robots est parfaitement absurde à plus d’un point et les exemples de la grue ou de la pelle rétro sont pertinents. Si on devait excaver la roche avec des ouvriers au lieu d’une pelle rétro équipée d’un marteau-piqueur, combien en faudrait-il? Qui peut dire combien d’ouvriers un robot remplace? Et le concept même de déclaration d’installation du robot pour documenter cette information démontre à quel point ces gens n’ont aucune idée du sujet. On installe le robot en lieu et place de trois ouvriers. On taxe le robot pour couvrir la perte de trois emplois. L’entreprise, plus performante, optimise son robot qui produit de plus en plus et donc remplace de plus en plus d’ouvriers… mais paie toujours pour 3. Sans même parler du fait que l’entrepreneur moyen ne va évidemment pas se gêner pour ne remplacer que trois ouvriers… puis il ne remplacera pas les deux prochains départs en retraite, il paiera alors pour trois emplois perdus alors qu’il en aura supprimé 5. C’est juste ABSURDE ! Ces gens démontrent par-là qu’ils n’ont strictement aucune idée de la problématique, y compris les auteurs de l’article, puisqu’ils font preuve d’un splendide biais cognitif en comparant les robots de la quatrième et cinquième révolution industrielle aux machines mécaniques de la révolution industrielle. La différence est fondamentale : les machines ont offert la puissance de production, elles étaient l’outil de l’Homme, elles l’accompagnaient. Aujourd’hui, alors que nous ne nous sommes même pas adaptés à la troisième révolution industrielle, les machines sont conçues spécifiquement pour qu’elles ne prennent pas l’emploi et donc c’est l’Homme qui les accompagne, qui est l’outil du robot industriel, pourtant bien incapable de la moindre réflexion. Ce ne sont que des IA du premier et second type, des machines programmables, que l’on pré-programme pour une fonction précise. Il n’y a absolument aucune pertinence, sauf pour un cinglé, à considérer que l’Homme machine-outil assistant de son robot, est digne. Le surplus étant que demain le robot n’en voudra plus, parce qu’il va le gêner dans son travail. Quand on a intégré ça, on commence à envisager la problématique sur un autre angle. A partir de là, ce ne sont évidemment pas les robots qui doivent être taxés, mais la production de richesse. Il faut diminuer les charges sociales sur les salaires, puisque étant de plus en plus rares il y a déjà belle lurette que ce n’est plus de là que proviennent les financements du système social qui représente pourtant aujourd’hui environ 40% du revenu global en France. Transférer le coût du social, qui relève du domaine régalien de base, sur les caisses de l’Etat, ce qui est déjà le cas aujourd’hui où l’Etat s’endette parce que le financement ne provient précisément pas de la taxation de la création de richesse, mais de la taxation des salaires, qui disparaissant, contraignant à l’endettement pour financer ses obligations. Et ce alors qu’un tel niveau de charges sociales sur les derniers salaires compromet la production en taxant une richesse qui n’a pas encore été produites, grevant la compétitivité. Puis taxer dûment le bénéfice des entreprises, qui représente la création de richesse et mieux fiscaliser les dividendes (je n’ai pas dit plus, j’ai dit mieux, il faut fiscaliser les dividendes à due proportion de la part des bénéfices qu’ils représentent avec un seuil de déclenchement et un bouclier afin d’inciter à la diversification des investissements, donc faciliter le financement, améliorer la contribution à l’économie des riches et combattre la rente perpétuelle qui grève les nouveaux entrants). Les taxes sont indispensables au fonctionnement de la nation. Non seulement c’est pour cela que la création d’entreprise est libre, que l’on permet aux meilleurs de mettre à disposition de l’ensemble leurs capacités : pour produire la richesse qui bénéficiera à tous, en échange d’un statut supérieur et un éventuel enrichissement personnel ; mais aussi les taxes ont pour tâche de contraindre l’entrepreneur à maintenir ses prix pour les payer et donc à maintenir la valeur de sa production. Si on décharge les entreprises, les entrepreneurs baissent leurs prix pour être plus compétitifs sur les marchés et alors la valeur diminuant, le pays s’appauvrit. Aujourd’hui va s’ajouter le fait que les taxes auront pour rôle de rendre l’économie plus interactive, de financer l’intelligence collective. En échange, le financement deviendra de plus en plus facile, de plus en plus collaboratif et les entrepreneurs bénéficieront d’évoluer dans un environnement de plus en plus démocratique. C’est un coût en plus, mais un nouvel avantage sociétal en sus.
Taxer les excavateurs, la dernière solution au chômage
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