Le recul inquiétant de la démocratie à l’échelle mondiale

La dernière décennie a été marquée par une révolte populaire à l’encontre des élites politiques et médiatiques, plus que jamais perçues comme déconnectées de la réalité et accusées de ne pas défendre les intérêts des citoyens ordinaires. Or, le modèle démocratique est aujourd’hui plus l’exception que la norme et son recul contemporain à l’échelle mondiale rappelle la récession des démocraties durant l’entre-deux-guerres. [Lire plus…]

Ndlr : Les ressorts sont les mêmes que pour la poussée des populismes d’extrême-droite : le creusement des inégalités, le sentiment de blocage de l’économie à l’aube du 21ème siècle poussent les peuples à se réfugier dans ce qui est perçu comme des solutions alternatives. C’est naturel, si 10 solutions vous sont proposées, que vous en tentez 9 qui ne marchent pas, au point où vous en êtes vous tentez la dernière.

Indirectement, cette tendance au recul de la démocratie influe sur toutes les votations, c’est par exemple comme ça que Donald Trump a été élu. Alors même que Hillary Clinton a recueilli plus de deux millions de voix de plus que lui, c’est quand même lui qui est passé. Et ceci repose sur la « démagogisation » de la démocratie. Trump sachant qu’il n’avait strictement personne à convaincre dans les Etats les plus avancés, même chez lui, à New York, y a fait le minimum et s’est focalisé sur les Etats les plus arriérés qui font son socle, pendant qu’Hillary brassait du vent partout pour convaincre même dans les Etats fermement pro-Trump, conformément aux règles de la démocratie. En politique, tout le monde est démago, mais tout le monde n’est pas que ça. Or c’est le cas avec le recul de la démocratie qui fait que les démagogues se montrent de plus en plus virulents, agissant ouvertement contre leurs opposants et renforçant leurs soutiens, au lieu de tenter de s’adresser à tous pour convaincre.

Cette tendance est plus dure à résoudre, parce que dans les pays  les plus durs, en rouge sur la carte, les opposants sont brimés et seuls les effets positifs sont mis en avant. L’exemple le plus proche d’Europe et le plus flagrant est celui de la Turquie, où les turcs sont convaincus qu’Erdogan a changé leur vie et développé l’économie turque, alors qu’il l’a tout bonnement ruinée. Mais ceux qui ne sont pas d’accord avec Erdogan sont qualifiés d’antipatriotes, éventuellement suspectés et arrêtés, les médias sont en coupe réglée, ainsi seuls les résultats apparemment positifs d’Erdogan sont mis en avant. Il semble dès lors que dans ces pays la seule solution pour le rétablissement de la démocratie soit la fin de la capacité du gouvernement de dilapider la richesse et se retrouve dans le mur, que l’économie s’effondre et alors le peuple se soulève.

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