La nourriture bio présente-t-elle un danger pour l’environnement ?

Une étude montre que l’agriculture biologique peut être indirectement mauvaise pour l’environnement. Elle risque d’encourager la déforestation, à l’origine de rejets de dioxyde de carbone. [Lire plus…]

Ndlr : C’est toujours pareil, même si les pseudos écolos primaires du monde entier reprennent en choeur l’étude d’Olivier de Schutter qui dit que « le bio pourrait nourrir le monde », non, on ne pourrait pas se passer de pesticides. Pour y parvenir, il faut introduire une agriculture capable de s’en passer, c’est un nouveau modèle agricole à mettre en place en appréhendant la chaîne alimentaire de bout en bout.

Ce que signifie cette étude c’est qu’avec l’agriculture conventionnelle, actuelle, si on passe en bio trop massivement, la perte de rendement est telle qu’il faudra bien compenser et pour ça il faut déforester. En aucun cas elle ne dit que le bio est nocif pour l’environnement, mais juste que ce système agricole actuel n’obtiendrait pas le même rendement et qu’il faut tenir compte des conséquences. L’avenir de l’agriculture reste bio, mais ce n’est pas « une agriculture sans pesticides » comme certains se l’imaginent. Bien sûr, l’agriculture « paysanne » a de l’avenir. Nous allons vers de petites exploitations, fortement mécanisées, confortables pour l’exploitant, diversifiées (méthanisation, vente directe, activités pédagogiques, gîte, etc.), avec une productivité très fortement supérieure à l’agriculture systémique actuelle. Mais ça ne peut s’adresser qu’au maraîchage. On ne peut pas produire du blé ou du soja sur de petites surfaces familiales, ce n’est ni rentable ni écologique, c’est beaucoup de travail pour peu de production.

La grande culture céréalière, elle, c’est autre chose et elle représente la grosse part de l’agriculture. C’est une agriculture high-tech, à très haute densité, avec des plants sélectionnés pour résister à la promiscuité de la densité, une chevelure racinaire plus conséquente pour aller mieux chercher les derniers nutriments dans nos sols érodés. C’est une agriculture technologique, dans laquelle l’agriculteur est un technicien, idéalement un ingénieur agronome, qui fait appel à l’imagerie satellite, la gestion informatisée des cultures, avec des plans de cultures sur des décennies basés sur l’analyse des sols et de l’environnement pour que chaque chose pousse là où elle doit pousser en symbiose avec les autres productions au rythme des saisons sans jamais laisser un sol nu s’il est possible de le cultiver.

Aussi bien pour l’agriculture paysanne « en permaculture » que l’agriculture en grandes cultures bio, c’est d’autres équipements, d’autres formations, d’autres infrastructures. Aujourd’hui ce sont les coopératives qui conseillent les agriculteurs sur les pesticides, les engrais, les traitements phytosanitaires. Demain ce seront des bureaux conseils d’ingénieurs agronomes, qui travailleront de concert avec les grands labos, qui seuls disposent des moyens gigantesques nécessaire pour établir les données à échelle planétaire qui permettront de connaître les besoins en cultures et où les produire. C’est une véritable révolution technologique.

 

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