Métaux rares (1/3 – 3/3) : doit-on craindre pour l’approvisionnement ?

Métaux rares (1/3 – 3/3) : doit-on craindre pour l’approvisionnement ?

[Série d’été 1/3] Indispensables à la transition énergétique et numérique, les métaux rares sont toutefois exposés à des risques géopolitiques, de responsabilité sociale et environnementale, voire d’épuisement des réserves qui font craindre d’importantes variations des prix. [Lire plus…]

Ndlr : Cette série d’articles est excellente, mais là je ne vois pas en quoi de connaître nos réserves permettrait de mieux négocier les prix ? Les prix ne se négocient pas, précisément, ils dépendent du marché, c’est-à-dire que les produits y soient ou pas. S’ils n’y sont pas, qu’il existe ou pas des réserves n’influe pas –ou peu– sur les prix.

Cela dit, il faut se poser les bonnes questions pour savoir à quoi servent ces terres rares ?

Par exemple le cobalt, qui représente 0.002% de la couche terrestre et dont on nous rebâche les oreilles. 25% de la production sert à la fabrication de superalliages, en particulier pour les réacteurs d’avions. Autant dire qu’il est possible d’en imaginer d’autres. 10% est consommé par les batteries Li-Co. Le reste est utilisé essentiellement en médecine ou en jardinage. On va donc simplement s’en passer pour les batteries, puisqu’il n’est absolument pas indispensable. On va également s’en passer pour les réacteurs, parce que les superalliages nous ne sommes qu’au début de l’aventure, il suffira de faire mieux et moins cher pour se débarrasser du cobalt.

Autre exemple avec le néodyme et le praséodyme, qui servent aux aimants dans les moteurs (et leurs pendants, les générateurs). Or ça fait depuis 1997 que Hitachi a construit un prototype de moteur sans terres rares et en 2006 Toyota a sorti un prototype de moteur de voiture qui en consommait plus de 80% de moins.

Et c’est pareil pour le Dysprosium, l’Europium, etc…

Et il faut ajouter à tout ceci que les éléments qui servent à la fabrication des composants électroniques, moins substituables, apportent une électronique si sensible au rayonnement électromagnétique qu’une grosse éruption solaire suffirait à renvoyer la moitié de la Terre exposée à ce moment-là au Moyen-Âge. Il est donc plus urgent de développer une autre électronique que de se préoccuper des terres rares.

En vérité, les terres rares sont si peu proches de la rupture que si jusqu’en 2014 la NASA envisageait l’exploitation de roches spatiales, dont un seul bloc de 2 km de diamètre pouvait contenir jusqu’à 20’000 milliards de dollars de minerai, ce qui est évidemment alléchant…ils ont abandonné l’idée, tout simplement parce que ça n’a aucun intérêt !

Cette pénurie n’est qu’organisée, parce qu’en vérité, il y a dans le monde des décharges qui font des dizaines de mètres d’épaisseur sur des milliers d’hectares de poubelles qui en sont gavées. Et ça alors même que moins de 2% aujourd’hui est recyclé.

…Il y a donc de quoi faire techniquement et si la pénurie est organisée, c’est juste pour maintenir le marché en tension. Et c’est cette tension, purement financière, qui génère le problème moral de l’exploitation des enfants ou de la pollution. Des faits qui ne se produisent que par pure cupidité, induite par cette pénurie artificielle qui survalorise des productions qui en réalité n’ont rien de rares.

Métaux rares (2/3) : faudrait-il rouvrir des mines en France ?

Métaux rares (3/3) : la réouverture de mines en France est-elle envisageable ?

Faut-il réouvrir des mines en France ? Comme c’est inutile, la réponse est NON !

Non, nous ne manquerons JAMAIS de métaux rares et donc non, il n’est pas à envisager de réouvrir les mines.

Ce qu’il faut c’est investir massivement dans des intelligences artificielles robotiques spécialisées qui recycleront molécule par molécule chaque produit, viser le 0 déchet. TOUT est recyclable à 100%, encore faut-il le faire.

Mieux, nous pourrions racheter des ordures aux pays où nous les avons exportées juste dans le but de les recycler ou encore mieux, aller créer là-bas des unités de recyclage de ces monceaux d’ordures qui sont gavées des matériaux dont nous avons besoin.

L’avenir ce n’est pas de polluer plus pour continuer d’avancer, mais de dépolluer pour avoir la ressource qui nous est nécessaire.

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