Les agriculteurs manifestent ce lundi devant 14 raffineries et dépôts de carburant, protestant contre les « incohérences du gouvernement » sur l’importation de l’huile de palme, qui ne respecteraient pas les normes françaises et européennes. Au centre des colères, la bioraffinnerie Total de La Mède (Bouches-du-Rhône), bloquée depuis dimanche soir : le gouvernement a autorisé l’importation de 300.000 tonnes d’huile de palme, accusé de favoriser la déforestation en Asie du Sud-Est. Alors, faut-il interdire d’huile de palme ? À vous de juger ! [Lire plus…]
Ndlr : pour bien comprendre en s’extrayant du populisme ambiant sur le sujet, une grosse du problème est résumée dans cet extrait :
« La productivité du palmier à huile reste inégalée : pour produire autant d’huile que ce que donne 1 hectare de palmiers, il faut 6 hectares de colza, 8 hectares de tournesol ou 10 hectares de soja ! . »
Pensez-vous vraiment qu’un orang-outan vit mieux sur 6 hectares de colza que sur 1 hectare de palmier à huile ? M’est avis qu’ils n’y vivent pas mieux que les sangliers ou les chevreuils chez nous.
Aussi, le palmier à huile est une culture décennale très peu mécanisable et donc qui donne du travail (dans des conditions d’exploitation abominables, c’est un fait) aux populations locales qui n’ont que ça. Il est source de développement sociétal. Même si les conditions de travail sont abominables, l’industrialisation induite et la création de richesse font que l’espérance de vie a explosé, la mortalité infantile s’est effondrée, la pauvreté a diminué presque par trois, en quelques décennies.
D’autre part, le palmier à huile nécessite bien moins de pesticides et d’énergie que le colza ou le tournesol. Les agriculteurs en France qui protestent de la concurrence du palmier à huile sont les mauvais que la population dénonce tout au long de l’année comme des empoisonneurs et des pollueurs, ce qui est vrai. Il n’est pas normal qu’ils cultivent pour les agrocarburants au lieu de faire du nourricier. Les agrocarburants devraient être tout simplement interdits, quelle que soit la matière première. Mais s’ils ne le sont pas, autant que ce soit à partir d’huile de palme bien moins catastrophique que toute autre culture. D’autant que l’utilisation de cette huile moins chère a permis d’imposer à Total plus de recyclage d’huiles usagées.
Enfin, il s’agit d’un échange économique international, avec l’Indonésie, qui n’a pas grand-chose à nous offrir à part ça et a vraiment besoin de se développer. Et c’est en contribuant au développement des émergents qu’ils deviennent un jour nos clients.
Une fois tout ceci intégré, les réactions épidermiques passées, on voit les choses bien différemment. D’un point de vue écologique, c’est désastreux, mais pas plus que de produire du colza chez nous alors qu’il y a des conséquences indirectes positives. Interdire l’importation d’huile de palme, oui, je suis pour, mais à condition qu’on interdise l’utilisation de colza ou tournesol.
