Ndlr : L’article met le focus sur les conséquences de la perte de biodiversité (industrialisation de l’agriculture et donc perte des petites exploitation, troubles organiques par la baisse de diversité alimentaire, modification du paysage par l’importation de cultures non endémiques, etc…). Une des rançons de la surpopulation est la diminution de la biodiversité alimentaire tout simplement parce que les coûts logistiques augmentent exponentiellement avec la multiplication des varietés. La gestion n’est pas la même si vous avez 3 énormes camions qui ramènent sans distinction les produits à la coopératives ou 10 petits. Ou si on a 5 gigantesques silos en béton (vous savez, ces machins cylindriques qui font 70m de haut qu’on voit de loin) ou une trentaine de plus petits.Pour que la nourriture soit accessible, il faut qu’elle soit bon marché. Pour qu’elle soit bon marché, sa collecte doit donc être optimisée. Les camions collecteurs doivent pouvoir accepter tout le maïs d’une région, tout le blé d’une région, tout le colza d’une région et aller vider dans d’immenses silos. La biodiversité entraînant une gestion logistique inimaginable et des infrastructures incroyables. Sans compter le risque d’erreur, le camion qui vide dans le mauvais silo, mélangeant deux variétés de blés…La biodiversité s’exerce donc à la longueur de la distribution. Le paysan cultive peu de produits, peu de variétés, et ces différentes varietés sont compatibles entre elles, elles ont le même cahier des charges et sont donc tout bonnement mélangées à la récolte. Le maraîcher artisanal cultive plus de varietés, qu’il vend au marché, via une AMAP, directement au consommateur, dans les supermarchés du coin, etc…mais ils ne peut pas cultiver 250 sortes de légumes. S’il en a le dixième, c’est déjà bien. En-dessous, on trouve le jardinier amateur, qui lui peut avoir des petits carrés d’à peu près tout et n’importe quoi et même faire des expériences. Et là la biodiversité est absolue. Seulement, dans l’avenir, la configuration géoclimatique de la Terre va changer. Plusieurs types d’agriculture vont cohabiter. L’agrobiologie, qui inclut le pastoralisme, l’agroforesterie, l’agriculture biologique à très haute densité, etc…mais ce n’est non seulement pas applicable partout, mais en plus il y a des endroits où ce ne serait surtout pas rentable. Il faut bien comprendre que nos sols sont érodés et il faut imaginer ce que signifie en termes volumiques d’amender tous les sols de la Terre. C’est bien évidemment complètement utopique. Il faudra donc des plantes adaptées à diverses conditions. Il y aura moins d’eau potable, il faudra dessaler l’eau de mer. Pour gagner en efficacité, on la dessalera grossièrement, il faudra donc avoir des plantes moins gourmandes en eau et qui supporteront mieux une eau plus saumâtre. Nous arrivons à la fin du phosphate, qui est pourtant à la base de l’agriculture. Pour compenser, il faudra multiplier le réseau racinaire des plantes pour qu’elles soient capables d’aller récolter les moindres nutriments. Enfin, dans un but d’économie d’énergie, de ressource, il s’agira que chaque semence soit le mieux adaptée possible à l’endroit même où elle est cultivée. Les paysans cultivent des plantes, dont les caractéristiques génétiques sont collectées et précisément documentées, de sorte qu’il devient possible, à partir des quelques variétés multicompatibles existantes, de produire des semences simplement par codage sur la base de la documentation des conditions de culture. Il suffira de relever ces conditions et de commander sa semence qui sera produite comme un médicament pour être optimale à l’endroit même où elle sera cultivée. Ainsi, moins de passage dans les champs, les traitements ne se faisant plus qu’en curatif, moins de pollution due aux traitements puisque la plante est plus saine, mieux adaptée à son environnement. Pour terminer, je dirais que d’ici 50 ans, l’agriculture ne nourrira plus les hommes, ce sera la technologie, la science moléculaire, pour une grande part. L’agriculture deviendra secondaire. Il y a fort à parier que d’ici la fin du siècle, de manger une salade naturelle sera tout bonnement un luxe. On sait déjà aujourd’hui produire de la viande…sans viande! Il ne s’agit pas de viande végétale, type végiburger, non, c’est de la protéine animale synthétique reconstituée en viande. De la vraie viande, sans aucune trace de viande, avec les mêmes propriétés. Mais dans laquelle a aucun moment n’entre aucune notion ni de culture, ni d’animal.Un calcul que j’ai réalisé des implications agricoles sur la base de 3 milliards d’habitants, soit la Chine et l’Inde, qui consommeraient 100gr de viande par semaine ou un seul grain de riz par jour…éloquent, vous verrez… http://sco.lt/5oG31t ;
Agriculture : 75% du patrimoine génétique alimentaire a disparu : Geo.fr
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