Pourquoi la cupidité ne suffit pas à expliquer la crise de 2008

Une analyse psychologique des acteurs de la finance apporte un nouvel éclairage sur les causes du krach qui a secoué les marchés il y a 10 ans. Par Christian Walter, Titulaire de la chaire « Éthique et Finance » du Collège d’études mondiales de la FMSH., Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH) – USPC. [Lire plus…]

Ndlr : Alors, déjà, c’est trop facile d’accuser les milieux financiers.

Dans les années 80, jusqu’au milieu des annnées 90, tout le monde a profité de la folie économique. Dès qu’est arrivée en France la carte Boum-Boum, les gens se sont rués dessus et ça faisait déjà pas mal d’années que les particuliers américains utilisaient ce crédit revolving.

A ce moment-là l’argent coulait à flots. J’avais besoin de 160’000 francs suisses pour créer un commerce, j’ai dû me battre littéralement avec mon banquier qui voulait m’obliger à emprunter le double. Je n’avais pas le premier centime. Plus tard, pour un autre projet il me fallait 1’100’000 francs, je ne mettais toujours rien dedans, aucune garantie, le projet plaisait, aucun problème. J’étais jeune, j’avais 20 ans, aucun diplôme, aucune garantie, aucune caution, aucun fonds propres, juste une –petite– réputation et de –très– bonnes idées.

Donc non, ce ne sont pas les milieux financiers spécifiquement qui sont à l’origine de la crise, mais bien tous ceux qui ont profité de la crise, abusivement ! Et nous en avons tous profité abusivement de cet argent facile. Je ne dis pas, les projets que je finançais étaient bons, mais tout ce qui était financé ne l’était pas et l’argent continuait d’affluer.

Lorsqu’il y a eu la crise de 2008 et qu’on a entendu des banques qui avaient prêté avec des leviers de 25, 40, 65 dans le cas de Dexia, tout le monde a hurlé que les banquiers prêtent à n’importe qui. Pourtant, jusque-là, si on nous refusait un prêt, on disait qu’ils ne prêtent qu’aux riches.

Le peuple n’était pas cupide, il était AVIDE DE CREDIT ! Des dizaines de millions d’occidentaux, aux Etats-Unis, mais aussi en France, en Suisse, en Allemagne, Autriche ou au Royaume-Uni, se sont rués comme des nuées de criquet sur le crédit surabondant. Pour répondre à cette demande, il a bien fallu que la ressource pour émettre tout ce crédit vienne de quelque part et c’est la finance qui l’a fournie. Que n’aurait-on dit si les banques avaient refusé tout ce crédit ?

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