Révolution ou gadget, la plus célèbre des devises digitales, le bitcoin suscite des craintes à la mesure de son engouement massif. [ Lire plus… ]
Ndlr : Tout est dit…Bien que le modèle soit fort logiquement un modèle du futur, il faudra bien instaurer quelques règles de fonctionnement. Si internet est un monde virtuel, ceux qui l’utilisent, eux, sont bien concrets. Si le Bitcoin est une monnaie virtuelle, les transactions qu’il permet sont bien concrètes. Le Bitcoin suscite l’engouement sous prétexte qu’il n’est pas contrôlé par une banque centrale. Mais en réalité, c’est justement là sa faiblesse, il est source de richesse pour les spéculateurs et de pauvreté pour les autres. Pour les économies nationales, il est un très grand danger, parce que les entreprises qui acceptent ce moyen de paiement trop volatile perdent massivement de l’argent. De plus, l’autonomie qu’offre cette monnaie est toute relative, parce que si elle a un cours, c’est bien qu’elle est convertible. Et donc elle est à la fois soumise à la spéculation et l’avidité et à la fois au contrôles des banques centrales, via les devises légales. Si une entreprise fait une transaction en Bitcoin, elle se base sur le cours de sa monnaie nationale, avec laquelle elle paiera les charges afférentes à son chiffre d’affaires calculé sur sa facturation. Si entre la facturation de la fourniture de prestation et le moment de la conversion en devise légale le Bitcoin s’effondre, l’entreprise paiera des charges sur un montant qu’elle n’a pas encaissé. Non seulement elle aura perdu de l’argent, mais en plus elle paiera dessus. Ce qui définit une monnaie ce n’est pas sa capacité d’échange, mais la contre-valeur qu’elle représente. Le Bitcoin n’ayant pas de nationalité, pas de contre-valeur, il n’est pas une monnaie, il est juste un bien de valeur spéculative, c’est tout. Il n’est pas plus une monnaie qu’un dessin ou n’importe quoi d’autre. Vous pouvez très bien échanger un petit service contre n’importe quoi, un sandwich, par exemple : « lave la fenêtre de ma cuisine et pendant ce temps je te fais mon sandwich ». Pour peu que le destinataire du sandwich aille alors fourguer le sandwich au voisin et encaisse 2€, la transaction est exactement la même que le schéma de fonctionnement du Bitcoin. Si maintenant vous ajoutez à tout ça le fait que grâce au Bitcoin on peut blanchir de l’argent, acheter n’importe quoi, des armes, de la drogue, des oeuvres d’art volées ou issue du pillage archéologique, le Bitcoin a finalement tout pour plaire.
