Navire d’une ONG allemande mis sous séquestre, patrouilleur italien dans les eaux libyennes : Rome tente concrètement de contrer l’arrivée de réfugiés au prix de tensions avec les humanitaires.
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Ndlr : Les tensions montent en pression. Les populations ont commencé à s’exaspérer. Puis les populismes ont pris de l’ampleur. Les identitaires ont affrété des bateaux pour aller gêner les ONG. Maintenant c’est les autorités italiennes qui vont directement agir en Libye et contre les ONG. Précédemment, nous avions déjà eu des tensions en Grèce où des garde-côtes avaient été filmés en train de donner des coups de couteau dans un canot pneumatique, condamnant à mort ses occupants. Tous ces troubles sont symptomatiques du conflit latent en progression constante. Et ce alors que nous parlons de seulement 111’000 réfugiés depuis le début de l’année alors même que 200 millions songent à venir et qu’ils seront 1 milliard demain. Qui sait jusqu’où ces tensions peuvent s’exacerber ? Mais elles n’ont vraisemblablement pas de limites. On peut imaginer que les populistes prennent le pouvoir en Italie, qui agit alors brutalement directement contre les réfugiés. Ca peut aller jusqu’au massacre. Ce qui paraît délirant aujourd’hui ne l’est en fait pas du tout. Du coup, il faut agir, c’est dégueulasse, mais il faut se mettre à la place des autorités italiennes, confrontées à la grogne de la population, que faire ? Les flux ne s’arrêteront pas, ça c’est clair. D’autant que ces gens sont quand même nos victimes, il ne faut pas l’oublier. Nous avons exporté notre misère chez eux et nous nous sommes accaparés leur richesse. Le cacao est plus de 5x moins cher qu’il y a 30 ans et je parle en valeur absolue. Le café de même et les bananes n’ont jamais été aussi bon marché. Quand à l’Uranium, il est au prix que nous le payons parce que les coûts écologiques et humains qu’il engendre ne sont pas facturés aux exploitations minières. Si l’Uranium devait financer un système de santé de pointe pour guérir les cancers et que les gravats de l’extraction soient dûment enterrés au lieu d’être entassés en gigantesques terrils radioactifs à côté de la mine, son prix serait au moins 100x plus élevé qu’aujourd’hui et notre électricité ne serait pas à 15 ct/kW. De fait, ces gens, grâce à internet, savent où se trouve leur richesse et viennent réclamer leur part et leur nombre ne peut qu’augmenter exponentiellement avec la hausse de l’éducation et la diffusion de l’internet dans le monde. Non seulement ça ne s’arrêtera pas, mais ça va augmenter et probablement exponentiellement. Le problème, c’est les passeurs, en Libye. Aujourd’hui, l’idée même de les combattre, par les armes, heurte nos sensibilités occidentales, mais demain, il sera peut-être considéré comme normal, comme de la « légitime défense » de massacrer les réfugiés. Avant que ces extrémités ne se produisent, qui paraissent aujourd’hui délirantes, mais dont l’Histoire nous apprend qu’elles sont hélas très banales, il faut agir en amont, il n’y a pas le choix. Agir aussi humainement que possible, avant que les populations n’élisent des populistes xénophobes. Il y a une vraie volonté politique d’agir en amont pour inciter les gens à rester chez eux et développer leurs pays, mais les effets mettront de toute manière des décennies avant de se faire vraiment sentir. D’ici-là il faudra bien modérer les flux. Même avec la meilleure volonté du monde et la plus forte empathie, combien de millions de migrants l’Europe peut-être supporter dans un très court laps de temps ? Des réfugiés, l’Europe pourrait sans problème en accueillir des millions. Mais des migrants économiques, ce n’est juste pas possible, il faut qu’il y ait un rythme d’absorption raisonnable, il n’y a pas le choix. Alors, que faire ? Et pas la peine d’imaginer ouvrir grand les portes comme beaucoup le voudraient. C’est généreux, mais ça mènerait au désastre à très court terme. Ce serait la guerre en quelques années, peut-être quelques mois.
