Les chiffres provisoires du Citepa pour 2025 révèlent un essoufflement marqué de la transition énergétique française. Avec une baisse des émissions de gaz à effet de serre limitée à 1,6 %, le pays s’éloigne dangereusement de ses engagements pour 2030. (Lire plus…)
Ndlr : C’est la conséquence d’avoir pris la mauvaise voie. C’est le cas partout où elle a été adoptée, pas seulement en France. On commence par faire le plus évident, ça induit des baisses, on s’en gargarise, mais on réalise ensuite qu’on est très loin de l’objectif et alors on prend conscience de ce qu’il faudrait faire pour pouvoir faire un petit pas supplémentaire et le coût social, politique, économique, devient délirant pour des résultats de plus en plus ridicules.
Comme si on entre dans une vieille maison. Il y a des carreaux brisés aux fenêtres. Alors on colle simplement une feuille de papier journal, on a coupé la moitié des courants d’air pour très peu d’efforts et d’argent, on a fait 30 % du boulot d’isolation de la maison. On peut ensuite mettre des boudins autour des portes et des fenêtres faits avec du papier journal, encore 10 %. On veut aller plus loin, on change les fenêtres et les portes, encore 10 %. On veut aller plus loin, on isole la toiture, encore 10 %, puis le sol, encore 10 %. Puis l’extérieur, encore 10 %. Plus on avance et plus c’est considérable et plus c’est cher. On veut plus ? On met de meilleures fenêtres et portes, qui coûtent 3 fois plus cher, encore 5 %. On met une isolation plus épaisse, ça coûte plus du double, encore 5 %. Après on fait la traque à l’humidité, on met une meilleure ventilation, on optimise le chauffage, encore 3 %. Plus on avance, plus c’est cher et compliqué pour moins de résultat.
Là on a fait pareil : D’abord le plus évident, on incite au train et au vélo, on pousse la voiture électrique, allez, 5 % de l’objectif de baisse, formidable. On s’acharne frénétiquement à l’isolation des logements, dont on sait que ça n’apporte rien ou pas grand-chose, encore 3 %, génial. On fait baisser les températures, on tient des discours de sobriété, là on arrive dans la contrainte pure et dure, encore 1,5 %. Mais il reste encore plus de 90 % de l’objectif derrière. C’est évidemment absurde et en plus c’est contre-productif parce qu’on a éreinté la société pour ce résultat minable. On a gentrifié des quartiers entiers, rendus des logements impayables, ce qui a mis des gens à la rue, ça a ruiné des petits propriétaires qui n’étaient pas en capacité de faire les travaux et ont dû brader. On a mis en place des contraintes pour gêner les voitures, les empêcher de s’arrêter, les empêcher de rouler, les empêcher de se garer. Maintenant il faudrait carrément interdire le pétrole et le gaz pour aller un peu plus loin avec tout ce que ça implique.
On a pourri le monde partout où cela était possible pour tout simplement rien et ça pour une seule et unique raison : ce n’est pas comme ça qu’on va atteindre la neutralité carbone, ce n’est pas la bonne voie.
