La Chine promet 60 milliards de dollars au développement de l’Afrique

La Chine promet 60 milliards de dollars au développement de l’Afrique

 

Lundi 3 septembre, le président chinois Xi Jinping a annoncé qu’il consacrerait 60 milliards de dollars supplémentaires au développement de l’Afrique. Il a aussi assuré que la Chine « annulerait » une partie de la dette, arrivant à maturité cette année, des pays les moins développés du continent. [Lire plus…]

Ndlr : 60 milliards, c’est considérable sur un continent où le salaire moyen varie de 30€ à 150€, c’est comme si on investissait dix fois plus en Europe. C’est un très gros coup de boost.

Alors, certains parlent de « Chineafrique » pour qualifier le prétendu remplacement de la « Franceafrique ». La différence est pourtant fondamentale, parce que les chinois sont équitables, contrairement à nous. L’échange est donnant-donnant, même s’il n’est de loin pas paritaire. Les chinois ont des besoins et des moyens, les africains sont capables de répondre à leurs besoins mais n’ont pas de moyens. Ainsi, par exemple, les chinois font main basse sur les minerais qu’il leur faut au Congo et en échange ils réalisent les routes et les voies de chemin de fer qui manquent pour le transporter. Ils créent également des hôpitaux, des écoles, des immeubles, de véritables villes nouvelles poussent un peu partout.

De facto, en position de faiblesse, il est vrai que les africains dilapident leur minerai avec les chinois, mais il n’en reste pas moins qu’ils évoluent. Et même si d’aucuns dénoncent le goulet d’étranglement de la dette. Absurde, parce que si aujourd’hui la dette africaine les étrangle, leur croissance est telle qu’à terme elle ne représentera rien une fois ce cap crucial de leur développement franchi. L’Afrique deviendra rapidement l’égal de la Chine et le combat se produira alors sur un autre terrain, parce que les terres rares africaines ne représentent son avenir que jusqu’à concurrence de l’existence de ce marché.

Quelle que soit l’attitude économiquement condescendante de la Chine envers l’Afrique, il convient de la comparer à la nôtre où il est factuel de constater que tous les pays bons derniers du classement de l’IDH (Indice de Développement Humain) sont ceux de la FrançAfrique. Voilà qui est pour le moins symptômatique. Mais quand on voit nos manigances pour susciter des rébellions, des révolutions, des troubles, pour installer un pouvoir favorable. Nous avons installé notre pantin Ouattara en Côte d’Ivoire, à coups de bombes et de propagande, au mépris total du code électoral local, puis maintenu en détention Laurent Gbagbo pour que notre pantin puisse tranquillou piller son pays à notre avantage. Et ça rapporte, en 2015 François Hollande a gracieusement « offert » sa dette de 3 milliards à la Côte d’Ivoire pour féliciter Ouattara de sa « réussite » et, pour contribuer à son développement, nos entreprises, Bouygues, Orange, Total, ont décroché pour 30 milliards d’euros de contrats, qui ne rapporteront strictement rien à la CI, il n’y a pas de transfert de technologie, ce sont des entreprises françaises qui vont faire le travail là-bas et exploitent à notre avantage le pays. Et en échange, nous leur achetons leur cacao à vil prix.

De fait, cette « réussite » à un prix. La Côte d’Ivoire a connu de gigantesques troubles récemment parce que les policiers n’étaient plus payés. Les cultivateurs de cacao, confrontés à la sécheresse et la faiblesse des cours que nous leur imposons, arrachent leurs cacaotiers et préfèrent creuser illégalement leurs champs pour trouver de l’or. D’autres, pour compenser la faiblesse du cours, achètent littéralement des enfants dans les pays voisins pour les faire travailler dans les champs.

Et si jamais les ivoiriens ne sont pas d’accord, ils auront une révolution histoire d’installer un nouveau pouvoir. D’ailleurs, la force militaire Licorne, qui a installé Ouattara au pouvoir, est toujours sur place, renforcée depuis de la présence désormais pour l’éternité des forces militaires antiterroristes au Mali.

C’est toute la différence entre la Chine et les français : la Chine propose un contrat, abject si on veut, mais libre aux africains de le refuser. La France, elle, prend une décision et aux africains d’obéir. S’il n’y a pas obéissance, on met le pays concerné en situation d’obéissance par n’importe quel moyen, quittes à passer par une bonne pacification. Et ça, ça doit changer !

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