Quel horizon se dessine pour l’intelligence artificielle ? De la perception du monde à l’auto-conscience, découvrez-en les quatre paliers d’évolution.
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Ndlr : J’explique depuis longtemps que si les rapports établis aujourd’hui indiquent qu’en réalité la robotisation crée des emplois, c’est parce qu’ils ne sont que des IA de type I, c’est-à-dire qu’ils réagissent à leur environnement en conséquence d’un programme. Tout au fil du XIXème puis du XXème siècle, sont apparus successivement les machines, qui ont d’abord permis de fabriquer de plus grosses pièces, comme si on permettait à un forgeron d’utiliser un marteau de plusieurs tonnes. Puis l’automation, permettant au forgeron de s’occuper des flux de production pendant que le marteau de plusieurs tonnes cogne tout seul. Puis l’informatisation, qui a permis au forgeron de s’occuper de plusieurs productions à la fois en programmant le marteau de plusieurs tonnes qui est alors capable aussi de faire des trous et des bosses tout seul. …Puis est arrivée l’intelligence artificielle, de « Type I ». Elle est capable de percevoir l’environnement, elle ne se contente pas de réagir en sentant une pression sur un bouton ou un surpoids sur un élément quelconque ou par le passage d’une pièce entre deux cellules photoélectriques, non, elle est capable de le percevoir. Autrement dit, elle invente des scénarios selon des algorithmes en conséquences des situations rencontrées. Il n’est plus nécessaire de lui commander un travail, il suffit de la réaliser pour qu’elle le fasse et elle le fera en fonction de ce qu’elle trouvera. Nous en étions là hier et cette intelligence artificielle créait effectivement volontiers de l’emploi, parce qu’elle permettait une productivité maximale tout en nécessitant de la main d’oeuvre pour fabriquer, commander, installer, entretenir, concevoir ces machines. C’est là-dessus que se basent toutes les études qui disent que la robotisation produit de l’emploi parlant des millions de robots allemands ou japonais. Néanmoins, certains types d’emplois ont déjà disparu, comme les téléphonistes : « Entreprise Bidule bonjour, Suzie à votre service, en quoi puis-je vous aider ? » remplacé par « pour obtenir des infos sur nos horaires d’ouverture, pressez le 1, pour atteindre le magasin, pressez le 2… « . Mais nous en sommes à l’intelligence artificielle de « Type II ». Les choses se gâtent, c’est Amazon, des milliers de robots dans les entrepôts remplacent des dizaines de milliers de salariés. Ils se déplacent tout seuls, se croisent, portent des poids énormes, se rechargent tous seuls. Mieux, elle est capable de remplacer les facteurs ou les livreurs en livrant par drones volants ou roulants. Amazon veut livrer dans l’heure après avoir commandé, la Poste envisage le remplacement des facteurs, un chauffeur conduit un camion dans lequel un bataillon de drones va livrer les colis à plusieurs adresses en même temps dans une zone de plusieurs kilomètres. Là, c’est le chômage, celui que l’on nie, parce que cette technologie n’est pas encore visible, parce qu’encore peu exploitée. Elle fonctionne dans les grandes exploitations agricoles, les centres logistiques, Elle attend d’avoir le droit de s’égailler en liberté pour priver des milliers de chauffeurs, de facteurs, de livreurs, de journalistes, de conseillers juridiques, de comptables, de secrétaires, etc. de leur emploi. Derrière, à l’horizon de quelques années, 2030, débarque l’intelligence artificielle de « Type III ». C’est les bribes de la cognition synthétique. La machine interagit avec l’humain selon des réflexes conditionnés. Elle n’a pas encore conscience d’elle-même, elle ne fait qu’être capable d’apprendre des fonctions, qu’elle partagera avec les autres par son interconnexion. Elle est capable de comprendre que vous êtes en colère, d’en comprendre la raison et de vous proposer une solution. On lui parle, elle comprend la question, répond de manière pertinente. On peut lui demander d’aller nous acheter du pain ou d’aller promener le chien. A ce stade, la machine est capable de remplacer l’Homme dans TOUTES les fonctions, sans exception. Ce que l’Homme peut faire, une machine peut le faire. Et si un travail réalisé par l’Homme n’est pas praticable par la machine, parce qu’il a été conçu par l’Homme et POUR l’Homme, eh bien on supprime la fonction et on la remplace par des fonctions compatibles avec la machine, comme on l’avait fait pour la téléphoniste à l’époque de l’intelligence de Type I, sauf que là, on peut le faire par exemple pour remplacer les compteurs d’eau chez les particuliers ou installer des lignes à haute tension. Et vers 2050 nous entrerons dans le Nouveau Monde, celui de l’intelligence artificielle de « Type IV », à savoir, la cognition synthétique. A ce stade, la machine a conscience d’elle-même. Elle connaît les sentiments, comme les humains. Elle peut vous aimer, mais aussi vous détester, ce qu’il ne vaut mieux pas, parce qu’elle est beaucoup plus forte que vous. Elle a peur de mourir, elle est capable de créer une oeuvre musicale, une peinture, une sculpture, de sa propre initiative. C’est la COGNITION, au même titre que pour un cerveau humain, c’est-à-dire que la machine a une personnalité qui se construit sur la base de son environnement, elle développe son propre caractère. La machine ne se contente pas de réagir à un paramètre, elle pense. Elle réfléchit, pour déterminer si ça l’intéresse et elle a un AVIS, une OPINION. Elle peut voter, prendre la place d’un juge, où elle sera bien plus impartiale, mais pas forcément moins empathique. Elle peut être votre avocat. On peut lui demander d’inventer une machine pour faire un travail, qu’elle fabriquera. C’est cette machine que la société refuse de voir et même d’y croire, tout comme il y a encore peu il était impossible de s’élever dans les airs. Pourtant, c’est dès 2050, où la machine aura un QI au moins équivalent aux hommes les plus intelligents, avant de s’envoler.
