L’ancienne ministre de la Santé, à l’initiative de la loi qui a dépénalisé l’avortement, est décédée à son domicile parisien.
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Ndlr : Je tenais à rendre un hommage vibrant à cette femme fantastique, dont tout le monde ne parle que de la loi qui porte son nom et ouvrait la porte à l’IVG, alors qu’il y a tant et tant d’autres choses à son actif. Rescapée de la Shoah, à peine sortie des camps, sitôt la guerre terminée, que déjà elle en appelait à la réconciliation franco-allemande avec une grande force. Elle faisait une distinction claire entre les nazis et le peuple allemand, signe d’une force morale indomptable. A sa place, je ne suis pas certain que j’aurais pu en dire autant et je leur aurais très probablement voué une haine sans bornes. Simone Veil était donc un exemple, un modèle de force morale. Elle a bien sûr instauré la loi sur l’IVG à une époque où les choses n’étaient évidemment pas comme aujourd’hui, signe du dégagement d’une très grande force politique, mais ses actions ne s’arrêtent pas là, même si toutes ne portent pas son nom. Et elle était en vérité une actrice de premier rang des droits des femmes, de TOUS les droits des femmes, du droit de vote à la contraception en passant par la liberté de travailler ou d’ouvrir un compte en banque sans l’autorisation du mari. Toutes des contraintes qu’elle a vécues et à la résolution desquelles elle a apporté une contribution significative. Cette femme était un Pouvoir au sein du monde politique. Lorsqu’elle s’adressait au monde, on l’écoutait, elle imposait un respect. Son verbe était précis, pertinent, accessible. La France perd une de ses très grandes figures et, au-delà, le siècle. Elle était de ceux qui l’ont construit et je n’hésite pas à demander pour cette femme magnifique qui n’avait rien à envier aux plus grands, le Panthéon, que nous nous souvenions d’elle pour l’éternité.
