Timnit Gebru, licenciée par Google pour sa vision « éthique » de l’intelligence artificielle ?

Timnit Gebru, licenciée par Google pour sa vision « éthique » de l’intelligence artificielle ?

Google a soulevé une vive polémique en licenciant, la semaine dernière, Timnit Gebru, qui s’occupait des questions éthiques liées à l’intelligence artificielle. En cause : un article scientifique, qui a fuité en ligne, remet en cause certains aspects du développement de l’IA chers à Google. [Lire plus…]

Ndlr : …Tout d’abord, je pense que je l’aurais virée aussi. Et avec une bonne prime encore, pour qu’elle puisse mener son combat à l’extérieur de la boîte.

Le problème du licenciement de cette personne est qu’il porte atteinte à la liberté académique. Mais Google n’est pas un campus universitaire, c’est une entreprise privée. Seulement c’est une entreprise privée unique dans l’Histoire de l’Humanité. Une entreprise privée qui a accès à la quasi totalité de la connaissance mondiale, exposée à l’intégralité des courants de pensée. Donc une entreprise capable potentiellement d’influencer l’opinion de tout individu sur la planète. Fatalement, ça implique des responsabilités particulières et donc un fonctionnement spécifique.
 
Et donc pour les chercheurs, Google est devenu le moteur scientifique du développement de l’IA. Pour Google, ils ne sont qu’une entreprise privée qui exploite un créneau. Et donc il ne leur appartient pas d’entretenir un débat politique en leur sein. Cette personne n’avait pas à agir en militante, mais en tant qu’experte au sens de Google qu’elle parasitait, tout simplement. Et donc moi, ayant une parasite qui empoisonne mes services, je l’aurais lourdée, c’est normal.
 
Nous en arrivons donc là à la question de l’application de la loi Anti-Trust. Google a déjà été splitté, créant la marque Alphabet. Il est urgent de la splitter encore. L’entreprise a atteint une telle taille que désormais il lui appartient de fixer les normes mondiales éthiques de fonctionnement de l’IA. Elle devrait donc même être nationalisée.
 
Cette chercheuse n’a rien fait de moins que mettre sur le tapis le fait que Google est devenu l’un des socles des règles qui régiront le fonctionnement de l’IA dans l’avenir, il faut imaginer les conséquences. Ils sont littéralement au niveau des entreprises qui détiennent le pouvoir dans les films de science-fiction. Il est urgent de démanteler Google, mais aussi Facebook et Amazon ainsi que Microsoft.
 
En tout état de cause, s’ils avaient conservé cette militante activiste au sein de leurs équipes, Google aurait tout bonnement avalisé leur position dominante et accepté de fait cette responsabilité de déterminer le fonctionnement de l’IA dans l’avenir. Une responsabilité qui les menace et qui leur paraît évidemment insupportable pour une entreprise privée qui ne cherche qu’à déployer l’IA. Il appartient au politique d’en déterminer les règles.
 
D’ailleurs, si Google avait accepté cette responsabilité, on aurait hurlé mondialement au conglomérat hégémonique.
 
Google a donc parfaitement bien agi, cette chercheuse aussi, désormais la balle est dans le camp du politique.