Faut-il armer les citoyens ?

Faut-il armer les citoyens ?

Faut-il armer les citoyens ?

Armer les citoyens leur permet-il de se défendre en cas de fusillade ou d'attentat ? Les réponses de Didier Combeau dans les Idées claires, notre programme hebdomadaire proposé avec France Info et destiné à lutter contre les désordres de l'information, des fake news aux idées reçues.

Publiée par France Culture sur Vendredi 17 août 2018

Armer les citoyens leur permet-il de se défendre en cas de fusillade ou d’attentat ? Les réponses de Didier Combeau dans les Idées claires, notre programme hebdomadaire proposé avec France Info et destiné à lutter contre les désordres de l’information, des fake news aux idées reçues.

Les Idées claires à écouter en entier ici  [Lire plus…]

Ndlr : Ce qui est vrai c’est que d’augmenter la présence d’armes raisonnables au sein de la population va contribuer à augmenter la sécurité.

Mais elles ne doivent pas être portées par n’importe qui. Non pas pour leur utilisation, il n’est pas nécessaire d’être très entraîné pour porter une arme, mais parce qu’on les rend accessibles par le vol. Aux USA des quantités phénoménales de flingues sont déclarés volés. Un coup dans la nuque du porteur avec un gourdin et on prend posément le flingue.

Et aussi elles doivent être calibrées, il ne doit pas circuler n’importe quelle arme. Pour offrir une puissance de feu réaliste pour répliquer, un 9mm est déjà bien assez élevé, un 22 est déjà tout-à-fait capable de neutraliser un agresseur. IL faut faire bien attention à ne pas exalter les passions.Et c’est ce qui se passe aux USA où des masses d’individus se baladent avec des flingues de cinéma 357 M ou 44 M. Même en Suisse où le « droit d’achever » donne le droit aux chasseurs de porter un pistolet, tous les chasseurs que j’ai croisé qui portaient un flingue avaient un gros flingue. Ils ne cherchaient donc pas à être armés de quoi achever, mais à porter un gros flingue. De ne pas limiter les calibres crée donc de l’exaltation et de l’exaltation à la folie…

Enfin, il faut ne jamais avoir connu d’épisode violent pour croire que d’avoir un flingue va mettre fin à la fusillade.Tout d’abord, quand on est coincé dans une foule, il peut s’écouler tranquillement la fusillade sans qu’on ne remarque rien. Si on entend les coups de feu on croit que c’est des pétards, on est pris dans l’ambiance, on a peut-être un peu bu, quand ce n’est pas autre chose, le cerveau est focalisé sur l’événement et complètement inapte à identifier autre chose. On a eu vu des gars violer une fille en public sans que personne ne bouge et que personne ne puisse témoigner de quoi que ce soit. C’est la fameuse video que nous avons tous vue où des jeunes gens se renvoient un ballon de basket, avec instruction de suivre le ballon et un type déguisé en gorille traverse posément et faire même quelques singeries…et on ne le remarque pas.

Voilà pourquoi les agents de sécurité ne sont jamais intéressés par le spectacle dans un concert ou une soirée. Ce n’est pas pour « faire sérieux », mais pour « être sérieux », parce que s’ils participaient… ben ils ne serviraient à rien, n’étant pas affûtés pour détecter une action. Nous avons tous connu en boîte tout-à-coup un videur qui débarque en courant, saute sur un type, sous la réprobation générale. Mais en réalité ce n’est pas pour rien, le videur lui a vu ce qui s’est passé, parce qu’il était focalisé sur les faits pas sur l’ambiance.

Et c’est pareil pour les agresseurs. Dans le cas du Bataclan, ils étaient bien entraînés, à l’aise avec des armes de guerre. Si quelqu’un avait été armé dans la salle et leur tire dessus, déjà, il aurait fallu pouvoir. Quand le commissaire est entré avec son chauffeur et ont fait feu, la salle était déjà presque vide, les gens étaient morts ou couchés. Au début de la fusillade il y a une telle panique que les agresseurs sont invisibles pour un tireur à seulement quelques mètres et eux-mêmes sont tellement focalisés sur leur action qu’ils ne le remarqueraient pas, sauf à être atteints directement…et encore, sous le feu de l’action il arrive qu’on ne remarque pas qu’on est blessé, surtout par balle. Donc à moins d’être pile devant et de leur tirer dessus… et donc de se faire flinguer en premier, le fait que des gens soient armés dans la salle n’aurait pas changé grand-chose. Pour que ça soit efficace, il aurait fallu que des agents de sécurité soient armés dans une galerie en surplomb et puissent leur tirer dessus et ainsi les abattre ou focaliser le feu sur eux pour que ça ait une chance de limiter les morts.

In fine, si on libéralise les armes, qui va demander à en porter une en premier ? >> Tous ceux qui ne devraient pas en porter !

Il faut arrêter avec l’hystérie anti-armes qui réside chez nous où le fait d’acheter illégalement un 22 fait d’un brave type un trafiquant d’armes. Si un mec se fait prendre avec une arme dans la rue ce n’est pas si grave si c’est un brave type avec un 7,65 de 10 coups ou un 22 de 15 coups. Mais institutionnaliser le port d’armes ne ferait qu’augmenter la disponibilité des armes pour les criminels et les exaltés fous de la gâchette.

Enfin, pour terminer, on entend l’interviewé nous parler des problèmes des luttes interraciales aux USA pour justifier de la violence, mais en réalité ce n’est pas du tout ça qui en est à l’origine. Les français il y a encore seulement 60 ans abattaient un noir en Afrique juste pour lui apprendre le respect et dominer les autres. Nous avons connu les mêmes luttes en Algérie. Alors s’il est vrai qu’en Finlande ou en Suisse si les gens ne sont pas aussi cinglés c’est simplement dû au fait qu’ils n’ont même pas de raisons d’y penser, en revanche, aux USA, l’explication tient au fait que l’arrière grand-père de l’américain moyen a connu le Far-West. Il y a encore moins de 150 ans, indésirable en Europe, on allait chercher fortune comme pionnier aux Etats-Unis. Geronimo est mort au 20ème siècle. Les guerres indiennes se sont produites à la fin du 19ème siècle. Les US Marshall qu’on voit dans les westerns à la télé, ça ne date pas de plusieurs siècles, les américains connaissent tous quelqu’un qui a connu quelqu’un qui l’a connu ou participé à un lynchage.

Le Far-West, c’était hier et parmi les colons il y avait beaucoup de fripouilles qui ont fui l’Europe pour se refaire un pucelage là-bas. La nouvelle génération n’est déjà plus aussi fanatique et la prochaine ne sera plus du tout exposée à ce passé.

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