« On se dirige vers un système autoritaire et ce n’est pas une mauvaise chose »

Les systèmes politiques européens évoluent inévitablement vers un modèle plus autoritaire, estime Sergei Karaganov. Et ce n’est du tout une mauvaise chose, selon l’ancien conseiller du Kremlin. « La démocratie libérale est tout simplement trop chère et trop inefficace pour survivre ». Entretien avec notre confrère de Knack. [Lire plus…]

Ndlr : Eh bien… non ! C’est juste la démonstration de l’incapacité de l’ancienne génération de politiques d’appréhender la démocratie du 21ème siècle.

Cette vision repose sur l’appréciation manichéenne de la consultation publique qui reviennent effectivement très cher. Des masses d’individus se voient poser des questions qu’ils maîtrisent peu ou mal et se disputent pour parvenir à l’établissement d’un compromis qui finalement donnera lieu à des palabres sans fin, des amendements innombrables qui  videront la proposition de sa substance et une fois la décision mise en place tout le monde est mécontent. Et c’est encore pire avec le binarisme du référendum où la majorité impose son choix à la minorité. Sachant que c’est bien plus souvent la minorité qui a raison, la masse votant pour le démagogue le plus populiste le plus simpliste, surtout s’il est riche, un coup pour rien.

Forcément, avec cette vision de la démocratie, on ne peut que souhaiter l’émergence d’une démocratie plus autoritaire, plus autocratique, dite « illibérale ». Un système démocratique avec un pouvoir central fort, qui a une petite tolérance à la liberté d’expression tant que ça ne compromet pas l’application de ses décisions qui même si elles sont détestables conviennent à tous, de force si nécessaire. C’est moins cher, c’est plus efficace, indiscutablement…

Mais… NON, la démocratie ce n’est pas juste ça, des politiques qui font des propositions à une population gavée de fausses informations selon le bord qui les délivre et qui se dispute pour finalement parvenir à un vote qui ne convient à personne. Ça, c’est pour le 20ème siècle, où la valeur reposait sur la production à partir de ressource naturelle. Désormais, la croissance ne reposera plus sur la fabrication de produits plus ou moins inutiles pourvu qu’on en achète suffisamment pour que tout le monde ait du travail, mais sur l’économie collaborative de l’intelligence collective. Vous avez aimé la croissance de la pollution ? Vous aimerez la croissance écologique de la démocratie.

La démocratie est un bien, un produit de la civilisation au même titre qu’un smartphone, le crédit bancaire ou la prostitution. C’est un bien commun, partagé, grâce à l’interactivité d’internet. Ce n’est plus le pouvoir ou l’oligarchie qui soumet les problématiques au peuple qui doit décider individuellement du moins pire, mais tout un chacun qui discute avec tout le monde et prend sa décision en connaissance de cause qui s’impose alors au politique.

Au 20ème siècle le politique prend une décision pour réaliser quelque chose, au 21ème siècle le peuple réalise quelque chose et le politique prend une décision pour que ce quelque chose puisse s’appliquer.