Faute de butineuses, tuées par les insecticides, les paysans chinois pollinisent à la main leurs pommiers.
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Ndlr : Contrairement aux propos primaires lus partout, si les abeilles disparaissaient ça ne compromettrait pas la vie humaine sur Terre. Les abeilles ne pollinisent en réalité qu’à peine 10% de l’alimentation humaine. Il faut savoir que l’essentiel de l’alimentation humaine provenant des céréales, qui sont anémogames (pollinisées par le vent), la disparition des abeilles ne changerait rien pour elles. Pour les autres cultures, maraîchères en particulier, les plantes sont endogames (qui se reproduisent au sein de l’espèce par frottement) ou autogames (qui se pollinisent elles-mêmes, sur la même plante). Rares sont les plantes potagères entomogames (pollinisées par les insectes). Grossièrement, ce sont essentiellement les arbres fruitiers qui sont entomogames. Et les abeilles ne fournissent qu’environ 20% de la pollinisation entomogame, le reste étant assumé par une foultitude d’autres butineurs (bourdons, papillons, certaines mouches, certaines guêpes, des variétés d’abeilles non domestiques, etc…). De plus, l’abeille domestique que nous connaissons tous n’est pas une espèce indigène, elle a été produite par croisement et sélection voici plusieurs siècles, essentiellement par des moines, pour suppléer à l’abeille indigène, plus difficile à domestiquer et, surtout, moins productive. Si aujourd’hui on apprenait que nous cherchons à remplacer les abeilles, quel scandale. Il n’y a qu’à voir les petites idées plus ou moins utopiques consistant à les remplacer par des robots à quel point cela suscite l’émotion. Dans cet article on parle de paysans chinois qui pollinisent eux-mêmes leurs arbres. Cela se produit également au Japon où des ouvriers pollinisent les cerisiers armés de petits pots et de pinceaux. En Israël, certaines variétés d’abricotiers sont emballées dans des sacs microperforés pour empêcher les insectes de les butiner, pour que l’homme conserve le contrôle de la pollinisation pour produire des gros abricots plus juteux qui seront vendus comme un produit de luxe. Depuis longtemps, en Europe, on utilise des pollinisateurs portés. Une sorte de serre portée derrière un tracteur, partagée en deux, comme une gueule, qui se referme sur l’arbre pour l’englober totalement et hermétiquement. Une grosse soufflerie soulève le pollen. La machine s’ouvre et passe à l’arbre suivant. Ca va extrêmemement vite. In fine, la pollinisation par l’homme est bien meilleure que la pollinisation naturelle et d’ores-et-déjà quelque chose de banal. Si l’abeille venait à disparaître, le coût n’en serait que de 8 milliards d’Euros pour toute la planète, rien d’insurmontable. Le problème est donc purement moral. Moi j’aime les abeilles, j’adore le miel…et les pesticides, si miraculeux il y a 60 ans, sont aujourd’hui un véritable poison pour non seulement l’humanité, mais pour le règne du vivant en totalité. Il faudra donc bien se donner les moyens de parvenir à s’en débarrasser autant que possible.
