De nouvelles recommandations seront publiées d’ici janvier prochain, pour l’ouverture du monopole des pharmacies, selon Isabelle de Silva, présidente de l’autorité de régulation du commerce. Elle souhaite aussi la création de chaînes de pharmacies et l’assouplissement des règles de vente. Alors, faut-il abolir le monopole des pharmacies ? À vous de juger ! [Lire plus…]
Ndlr : il serait plus que temps ! Du moment qu’il y a un pharmacien responsable de la pharmacie, il n’y a rien à redire. Et les arguments servis dans l’article, sont juste faux :
« Le monopole officinal vise à protéger les patients par la sécurisation et la traçabilité des médicaments assurées par des professionnels de santé compétents et indépendants »
Ca, c’est carrément du n’importe quoi, c’est de la mauvaise foi. En réalité, les pharmaciens achètent volontiers leurs médicaments au marché gris. Des entreprises achètent les médicaments dans les pays où ils sont le moins chers, refont le packaging et les revendent où ils sont plus chers à un tarif jusqu’à 30% inférieur à celui du fournisseur officiel.
« Si je deviens salarié d’une grande surface, je ne choisis plus mes produits »
C’est déjà le cas aujourd’hui. Les pharmaciens ont des contrats moraux avec leurs fournisseurs qui refuseront de les fournir s’ils vendent certaines marques au lieu de la leur. Et je peux citer plusieurs exemples.
« si vous me vendez 50 produits de tel marque, vous aurez une prime de fin de mois »
C’est le cas aujourd’hui, les pharmaciens ont des cadeaux, parfois SOMPTUEUX, pour les remercier de leur chiffre, des voyages, sous prétexte de conférence, des rabais supplémentaires, etc… le médicament est un produit comme un autre. C’est un MYTHE qu’il serait un marché spécial.
« Le pharmacien référencera un produit plutôt qu’un autre, “ce qui n’est pas notre façon de travailler »
Ben si, précisément, c’est exactement comme ça que les pharmaciens travaillent. Si on me dit qu’un pharmacien ne trahira pas sa déontologie pour imposer un produit auquel il ne croit pas au détriment des clients, je pense que c’est majoritairement le cas…majoritairement… mais il a un loyer, un crédit, des salaires à payer.
« La pharmacie serait le seul moyen pour que les clients bénéficient de conseils de manière indépendante, et donc moins dangereuse. »
Non seulement ce n’est pas le cas, mais outre le fait que le conseil est le même en supermarché qu’en pharmacie, par videoconférence c’est plus confidentiel et la distance entre le praticien et le patient fait qu’il est possible de prendre moins de gants et le conseil est de meilleure qualité. D’affirmer que le conseil en pharmacie est plus peroformant, c’est comme de dire que d’apprendre l’anglais en labo de langue est plus performant. C’était vrai en 1970. Aujourd’hui on l’apprend sur internet ou par Skype.
En outre, j’ai déjà sauvé la vie d’une amie qui était violemment allergique à l’aspirine. J’étais avec elle dans la pharmacie quand elle l’a dit au pharmacien, qui lui a proposé une marque inconnue. J’ai eu le reflexe de prendre la boîte et le second ingrédient était de l’acide acétylsalicylique.
Les parents d’un ami avaient une pharmacie. Lui était un margoulin, presque un voyou qui est même allé en prison et elle était pharmacienne. Lui tenait la pharmacie pendant qu’elle tenait le ménage.Quand il est mort, dans le village tout le monde a pleuré son pharmacien alors qu’il n’avait même pas le BAC. Mais il a tenu tellement longtemps la pharmacie que personne ne se serait douté que la pharmacienne c’était sa femme.
Donc bon, le bon conseil du pharmacien vaut ce qu’il vaut. Dans un supermarché, le pharmacien, on est sûr qu’il est pharmacien, de même sur une plate-forme en ligne.
« Mettre les médicaments en vente dans les grandes surfaces serait aussi une façon de banaliser la médicamentation »
C’est pas comme si les français n’avaient pas des ARMOIRES ENTIERES de médicaments. Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas de vendre des médicaments qui gêne le pharmacien. Un argument pour le moins fallacieux.
Les pharmacies n’ont aucune utilité particulière, elles ne servent absolument à rien. Quand elles ont été créées, il y a un peu moins d’un siècle, le pharmacien fabriquait ses médicaments, elles étaient alors des officines.
Aujourd’hui la pharmacie n’est plus qu’une épicerie à médicaments et le système le plus onéreux qu’il soit possible d’avoir pour leur distribution en plus d’être le plus inefficace.
Ce n’est pas le métier de pharmacien qui va disparaître à terme, juste les pharmacies.
Dans l’immédiat, les pharmacies en zone rurale pourraient voir leurs prérogatives étendues. Je me dis depuis longtemps qu’elles devraient être équipées d’une cabine de santé connectée. Pour la bobologie ou le simple renouvellement d’ordonnance, les cabines seraient connectées à un central où les répondants seraient des médecins salariés de la fédération.
Ca pourrait donner lieu à une consultation moins onéreuse pour la Sécu. Pour la pharmacie c’est une source de revenu complémentaire. Et en cas d’ordonnance, le répondant édite l’ordonnance qui est automatiquement envoyée directement au comptoir de la pharmacie. Le temps que le patient sorte de la cabine, sa commande est déjà prête, il n’a plus qu’à la prendre, payer un éventuel complément et s’en aller.
…Et il y a aussi les vaccins, c’est lamentable de gaspiller des consultations médicales pour si peu de chose.
Avec les « super-infirmiers » qui arrivent, il serait aussi peut-être envisageable un rapprochement entre eux et la pharmacie ? Le super-infirmier libéral pourrait être associé à la pharmacie en ayant ses locaux à l’intérieur même de la pharmacie au lieu d’être indépendant.
Il va juste falloir que les pharmaciens apprennent à s’adapter, parce que d’ici 10 ans les médicaments se commanderont en ligne et seront livrés à domicile dans les deux heures. Et si on a besoin du pharmacien,ça se fera en vidéo. Ce sera non seulement beaucoup plus performant et plus économique, mais aussi beaucoup plus confortable.
D’ailleurs, Amazon arrive sur le marché aux USA, ils ne tarderont pas à débarquer en Europe ! Si on ne le fait pas, eux le feront, d’une manière ou une autre.
