Les business 100% Internet ne font pas le bonheur de tout le monde. Certains doivent composer avec cette nouvelle concurrence.
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Ndlr : Moi ce qui m’énerve, c’est qu’on qualifie des boîtes comme AirBnb ou Über comme de l’économie collaborative. http://thierrycurty.fr/economie-partagee-pas-encore-positive/ ; Même les sites de crowdfunding ne sont pas de l’économie collaborative. Les contributeurs n’ont aucun pouvoir décisionnel sur le fonctionnement de l’entreprise, ils ne collaborent en rien. Finalement, les sites de crowdfunding 1.0 ne sont rien d’autre que des entreprises purement capitalistes, comme les autres, qui exploitent un secteur que j’appelle « collabwashing ». Mais en réalité le crowdfunding a toujours existé. En tant que Suisse je peux dire que les gestionnaires de fortune suisse ont toujours volontiers placé l’argent de leurs clients, avec leur autorisation, dans les entreprises. Ce qui change, c’est qu’avec Internet il est possible de rassembler plus de monde, qui mettent plus de petites sommes, mais ces gens ne collaborent pas plus que lorsqu’ils sont clients de chez Carrefour ou leur boulanger. Parce que l’erreur est là : les CLIENTS, ceux avec qui les sites gagnent leur croûte, ce ne sont pas les porteurs de projets… mais ceux qui « collaborent ». Si les sites de crowdfunding étaient de l’économie collaborative, ils ne seraient pas issus de l’initiative d’un homme ou un groupe d’individus qui investissent dans le collabwashing, mais la résultante de la société elle-même qui monterait le site pour pouvoir financer elle-même ses projets. Les contributeurs seraient donc actionnaires et percevraient à ce titre des dividendes. Moralement nous avons certainement fait un -petit- saut, mais il reste discutable, parce que si on prend l’épisode d’Über qui a réduit de 3€ la prise en charge, engendrant une perte de revenu considérable pour les chauffeurs, on comprend jusqu’où va la « collaboration ». D’autant qu’Über est voué à mettre en place un service de véhicules autonomes, sans chauffeur. De même pour Airbnb qui commence à investir dans ses propres biens immobiliers. Dans le cas des sites de crowdfunding, c’est l’équipe dirigeante qui décide de la rétrocommission captée sur les contributions. C’est la même équipe qui décide d’accepter ou refuser les projets. Dans tous les cas, sans aucun processus démocratique, sans aucune collaboration de personne. …Quelle différence avec une entreprise traditionnelle? Une usine où la direction prend les décisions, les clients paient le prix sans discuter, où les « collaborateurs » subissent et la ferment? Finalement, ce sont bel et bien des entreprises traditionnelles, il n’y a aucune différence. Un autre point est à prendre en considération, c’est LA MENACE POUR L’ECONOMIE que représentent ces entreprises capitalistes ultra néo-libérales que sont Airbnb, Facebook, Über, etc… des boîtes SANS ACTIFS qui capitalisent des dizaines de milliards. Autant que Ford, Fiat, Chrysler, Mercedes, qui ont des usines, des immeubles avec des milliers d’appartements, des fichiers clients des milliers de fois plus importants (Ford a un fichier client d’au moins 100 millions de personnes). Si Ford fait faillite, il va y avoir une dévaluation, le liquidateur va réaliser du capital, un sursis concordataire va permettre à la marque d’attendre un repreneur et voilà tout. Si Airbnb fait faillite, on détruit purement et simplement des dizaines de milliards et là, l’économie mondiale va pouvoir joyeusement « collaborer ». Les conséquences se mesureraient à l’échelle de deux Madoff… http://lemondeenchantier.com/blog/snapchat-airbnb-twitter-facebook-le-regne-de-la-fausse-monnaie/ ; Nous sommes donc dans une période transitoire où on apprend ce que sera l’économie collaborative, parce que là, c’est loin d’être le cas.
