Coronavirus : la Normandie compte relocaliser des productions industrielles

Coronavirus : la Normandie compte relocaliser des productions industrielles

Dans la perspective du futur contrat de plan Etat-Région et alors que la crise sanitaire montre les insuffisances de l’appareil productif français, Hervé Morin président de la Région Normandie, a annoncé jeudi 30 avril à Val-de-Reuil (Eure) son intention de muscler l’industrie normande. Sanofi ou Fareva avancent déjà des projets précis dans les principes actifs de médicaments. [Lire plus…]

Ndlr : C’est le pire qui puisse arriver, c’est du pur populisme. Mais c’est contraire à nos intérêts à plus d’un point de vue, alors que notre problème est qu’au contraire nous n’avons pas assez délocalisé nos industries obsolètes.

En réalité, la morosité économique que nous connaissons aujourd’hui trouve sa source dans l’emploi : nous en avons beaucoup trop, ça nous coûte un pognon de dingue et nous n’avons plus les moyens. Nous dilapidons des masses de ressource pour une seule et unique raison : ne pas évoluer et rester au 20ème siècle le plus longtemps possible.

Quand je dis « nous », ce n’est pas seulement la France, mais toutes les économies avancées.

Le principe même de l’économie mondialisée, qui vise au développement économique (et donc sociétal) c’est que chaque technologie indigne du niveau de développement d’un pays soit délocalisée chez un émergent dont le niveau de développement nécessiterait un effort industriel pour l’exploiter. Ainsi, le pays délocalisateur passe à la technologie suivante, qui lui est accessible mais lui imposera un effort industriel, de même que le pays accueil de la technologie délocalisée. Ainsi, nous enrichissons la population sur place, qui peut devenir notre cliente pour les technologies qui lui sont inaccessibles. Plus tard, le premier aura acquis la nouvelle technologie, devenue triviale pour lui, le second aura acquis la précédente technologie, il s’agira alors pour lui de la délocaliser plus loin pour élever un autre et d’acquérir la technologie suivante. De sorte que tout le monde devient de plus en plus riche et le marché du plus avancé. Tout en rapprochant tout le monde sur un marché globalisé et pacifié.

En agissant ainsi, on étend nos marchés en favorisant le développement économique de tout le monde. Pour faire des affaires, c’est comme pour faire l’amour ou la guerre, il faut être au moins deux.

Le problème, c’est que plus les technologies sont pointues et plus elles génèrent de richesse, parce que plus complexes donc à plus forte valeur ajoutée, mais avec moins d’emplois. Alors, plutôt que d’aller dans ce sens, on préfère préserver sur nos sols nos industries obsolètes et polluantes mais génératrices d’emplois. Et pour cela, on subventionne massivement l’emploi, l’Etat se substituant à l’entreprise, qui peut ainsi embaucher moins cher. Prime d’activité, chèque énergie, CICE, baisse d’IS et de charges, aide à la première embauche, etc. Tout ça sont des moyens de subventionnement du salaire, payés par la dette. Et donc ça revient à ce que l’actionnaire empoche les bénéfices de l’entreprise au lieu qu’ils servent à payer les salaires, en échange du fait qu’il donne du boulot de plus en plus merdicimal et inutile au plus de gens possible.

C’est de là que provient le « néolibéralisme », qui est le contraire du libéralisme. Le libéralisme c’est le droit de l’ouvrier de s’extraire de sa condition, de bénéficier d’opportunités qui lui correspondent pour exploiter son droit d’initiative. On l’a de plus en plus contraint, par des contrats de travail et des conditions d’accès aux aides sociales de plus en plus contraignantes, alors qu’en parallèle on a de plus en plus favorisé le capital, pour qu’il continue à financer cette industrie obsolète et donc non rentable puisque indigne de notre niveau de développement. Sans ces aides, le financier investirait ailleurs et cette industrie tomberait, générant du chômage. Alors on lui a fait des cadeaux de toute sorte pour générer artificiellement de la rentabilité avec l’argent du contribuable.

Mais comme avec le temps ça ne suffisait plus, on a amené les taux directeurs à zéro et même en territoire négatif, dans le seul et unique but d’inciter à l’investissement dans ces industries obsolètes. Et là les conséquences sont multiples :

– Les entreprises ne fonctionnent plus que par la dette. Elles se retrouvent surendettées, en cas de hausse, même minime, des intérêts, intoxiquées par le système d’endettement, elles vont couler comme des dominos.

– En phagocytant sur notre sol les investissements, nous privons les émergents des investissements dont ils ont besoin pour émerger. Ce qui les contraint à s’endetter à leur tour pour compenser ce manque d’investissements privés et donc compromet leur développement sociétal et, par répercution, leur développement industriel. Nous les maintenons dans leur état d’émergent.

– Comme les émergents représentent nos futurs marchés, en agissant ainsi nous compromettons les échanges mondiaux. Et donc la croissance mondiale… et donc, par extension, la nôtre.

Et là les populistes voudraient faire revenir sur nos sols ces productions dont nous avons réussi grâce à de considérables efforts politiques à délocaliser ? C’est de la BÊTISE pure. Et ce d’autant que ça ne changerait rien pour les approvisionnements. Les problèmes que nous avons rencontré pour nous approvisionner se seraient répercutés sur les matières premières. De plus, ce qui est anormal, c’est que nous ayons dû nous approvisionner, alors qu’en fait ce sont les stocks qui ont été mal gérés. Par-dessus le marché, ça reviendrait à augmenter les prix de ces produits, donc à baisser notre pouvoir d’achat. En plus de contraindre encore nos marchés émergents et donc compromettre nos exportations.

Franchement, à un moment donné, quand même…