Ndlr : En d’autres termes, le populisme démagogique! Pour en comprendre le mécanisme, il faut appréhender qu’il s’adresse à tous les niveaux de la société, à toutes les couches sociales, toutes les cultures, qu’il est un trait caractéristique de l’être humain et qu’il concerne absolument tous les sujets, tous les thèmes, pas seulement l’économie. Cet article est génial, parce qu’il exprime comment, depuis des décennies, une vision aberrée d’une réalité pourtant évidente, mais confrontée au récit d’une perception commune a influencé l’économie nous amenant progressivement dans notre situation actuelle, bloquant toute réflexion, soit parce qu’elle est ignorée, soit annihilée par la perception déformée de la réalité. .Exemples concrets : – « Nous avons accepté X millions d’étrangers depuis telle date et le chômage a augmenté de X millions depuis telle date, donc, c’est logique, il y a trop d’étrangers et ils prennent notre travail, foutons les dehors et nous aurons du travail pour les français »…C’est absurde pour tout individu un tant soit peu intelligent…mais ça marche! Et dans tous les pays, voir en Suisse dernièrement le vote sur la restauration des quotas. Et ça peu importe que les faits soient pourtant récents et démonstratifs de l’exact contraire. Avant « l’invasion » de frontaliers, il y avait 1 point de chômage en plus (donc 25% de plus en le cas d’espèce) et les régions du Jura vivant traditionnellement de l’industrie étaient en faillite depuis plus de 25 ans. La Ville du Locle n’avait plus bouclé un budget positif depuis plus de 20 ans et les infrastructures se délabraient, les rues étaient défoncées. Grâce aux frontaliers, des dizaines d’usines sont sorties de terre, plus de 200’000 emplois ont été crées pourtant les suisses se sont montrés sensibles au propos simpliste populiste de l’UDC, très similaire au propos du FN. Cette fonction de l’humain s’appelle la dissonance cognitive, le fait de rendre compatibles et donc plus confortables une cognition avec une action en principe inconciliables et donc source de troubles. On la retrouve à tous les niveaux de l’existence : – J’ai peur de tomber malade à cause de ce vaccin qui a fait des malades, c’est donc que ce sont de gros pourris qui l’ont mis en vente pour leur porte-feuille mais en réalité c’est une arnaque. Donc le propos consistant à déclarer que si on ne se vaccine pas on risque de contribuer au retour des maladies ancestrales contre lesquelles on a lutté est un discours démagogique d’Etat soumis aux lobbys…et voilà, non seulement il n’est plus nécessaire de se vacciner mais en plus on devient intelligent, on a compris, on est un héros. – Plus on fait un travail susceptible d’être perçu comme ingrat ou avilissant, en tous cas sans pouvoir, plus on est convaincu de son utilité et plus on est fier de son oeuvre. A l’inverse, plus on est haut dans la hiérarchie avec plus de pouvoir et plus on se pose des conditions existentielles. L’ouvrier crache sur le patron, le patron rêve de bohème, d’une vie d’artiste, comme le dit la chanson. Des tas d’autres exemples pourraient être appliqués. Et le fait est que cette fonction de l’humain visant à lui offrir une vision confortable de sa vie, faisant probablement partie de l’instinct de survie, l’empêche de voir la réalité qu’il déforme alors, quitte à la fausser complètement, pour la rendre plus compatible avec sa vision, réécrivant sa vérité qu’il transmettra plus loin, engendrant souvent une rumeur infondée et qui, plus elle sera primaire et absurde et plus elle sera potentiellement ravageuse et donc considérée comme authentique donc plus portée par de plus en plus de monde, annihilant toute vérité concrète et amenant celui qui la connaît et la transmet à être suspecté de tous les maux…
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