Chute de l’euro : les entreprises européennes en profitent

Chute de l’euro : les entreprises européennes en profitent

Les sociétés européennes vont fortement profiter de la baisse de l’euro et dévoiler des comptes bien meilleurs que leurs homologues américains.
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Ndlr : Attention à l’effet de base. En réalité, ce genre d’embellissement n’a qu’un temps, celui d’écouler les stocks de produits constitués avec un Euro fort. Une fois exposées au renchérissement des matières premières, la situation s’inverse progressivement et il faudrait une nouvelle baisse pour compenser. C’est la raison pour laquelle la baisse d’une monnaie n’a jamais été la solution, même si c’est l’argument premier des anti-Euro qui arguent du fait qu’en ayant le contrôle de notre monnaie nous pourrions redonner de la compétitivité à nos entreprises.  En réalité, c’est très exactement ce qui a été fait par Valéry Giscard d’Estaing, dès 71, puis repris par Mitterrand, en 81. L’Etat se finançait par des émissions monétaires massives qui dévaluaient le franc, engendrant une inflation de 10%, jusqu’à même 14%. Et cette situation a perduré jusqu’à la première cohabitation en 86 où l’opposition revenue à la majorité  à bloqué la loi de finance mettant fin à la destruction du franc qui s’était alors dévalué de plus de 80%.Durant cette quinzaine d’années, la dévaluation continue du franc a apporté plusieurs avantages, dont le fait que ceux qui ont eu la chance d’acheter de l’immobilier à cette époque, malgré des taux d’intérêts particulièrement hauts de 12%, le bien s’amortissait tout seul d’année en année en raison de l’inflation qui grignotait le capital et aussi, grâce à la compétitivité des entreprises maintenue artificiellement, le chômage a été contenu à un niveau relativement bas.  Le prix pour ces agissements a été que le franc n’était alors plus qu’une monnaie de singe dont plus personne ne voulait. Durant les Trente Glorieuses, à l’époque de la flamboyance industrielle, le franc français avait cours pratiquement partout sur la planète, de Saïgon à Alger en passant par New York. On payait son billet AirFrance à JKF en francs. Par la suite, ça a été bien différent et les transactions internationales ont dû se faire en dollars, ce qui revenait littéralement à payer un impôt aux américains sur chaque transaction internationale réalisée par la France.  Lorsque l’Euro a été introduit, en 99, il a été une gigantesque bouffée d’oxygène pour la France qui, depuis 1986, avançait économiquement dans une fuite en avant éperdue pour ne pas couler, achetant massivement du dollar pour financer ses transactions internationales. Avec l’arrivée de l’Euro, elle avait enfin une monnaie qui lui appartenait, lui ouvrait les portes du marché européen en s’affranchissant du change et, surtout, de ce dollar qui la ruinait.  Il faut donc se méfier de ces fausses bonnes nouvelles. La baisse de l’Euro va engendrer une embellie, c’est certain, mais les stocks vont s’épuiser, les nouvelles productions seront alors exposées aux nouveaux coûts des matières premières, achetées plus chères, et les économies extra-européennes de destination de ces produits vont également s’adapter pour rester concurrentielles.

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