Les mégabassines, dont les premiers déploiements suscitent débats et violences, ne peuvent être la seule réponse au manque d’eau. Pour l’écologue Vincent Bretagnolle, il est urgent de ralentir le cycle de l’eau. En clair, de la retenir dans les sols en restaurant les écosystèmes, au lieu de précipiter son évacuation vers l’océan. [Lire plus…]
Ndlr : Non seulement les mégabassines, mais tous les stockages et techniques de récupération de l’eau dans l’environnement, comme la condensation de l’humidité de l’air ou l’hydrogel pour conserver l’eau dans les sols ainsi que le stockage chez les particuliers. Tout ceci vise à extraire le peu d’eau qui reste dans l’environnement pour continuer de la surexploiter et ça ne peut mener à terme qu’à la désertification totale.
Depuis 200 ans nous avons canalisé l’eau pour l’éloigner des zones habitées, drainer les zones humides pour cultiver et exploiter sa force. Et ça s’est accéléré au 20e siècle où on a creusé des fossés et des canaux pour envoyer l’eau le plus vite possible à la mer par tous les moyens possibles pour réduire les inondations, tout en augmentant constamment sa consommation. Forcément, à un moment donné les courbes de la disponibilité de l’eau dans l’environnement, en surface ou sous-terraine, et celle de sa consommation devaient se croiser.
Là-dessus est venu se greffer le réchauffement climatique qui fait que la pluie tombe de plus en plus lors d’épisodes moussoniques, entre-deux, c’est la sécheresse, qui aggrave le problème de la pénétration de l’eau en raison du sol desséché. Quand elle tombe il faut donc impérativement la retenir dans les terres, non pas pour la stocker sur de grandes bâches, mais pour lui permettre de pénétrer les sols et reconstituer les aquifères. Il faut consacrer des zones immenses et nombreuses où l’eau sera envoyée, au lieu de partir immédiatement à la mer.
