« Des paroles et des actes » : mise au point de François Lenglet

« Des paroles et des actes » : mise au point de François Lenglet

Suite à un échange avec Jean-Luc Mélenchon sur le plateau de « Des paroles et des actes », lors duquel le journaliste François Lenglet a mis en cause le président bolivien Evo Morales, nous avons reçu une lettre de l’ambassadeur de Bolivie à Paris. François Lenglet tient à faire la mise au point suivante.
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Ndlr : J’ai pas vu l’émission, mais ça a dû voler bas. Déjà qu’avec Mélenchon ça ne vole jamais bien haut, j’ai l’impression que les oreilles de Morales ont dû siffler.  Pour ma part, il est loin d’être le plus mauvais dirigeant d’Amérique du Sud. A ne pas comparer à cet imbécile de Chavez et ce fou de Maduro, qui ont ruiné le Venezuela et continuent de l’enfoncer à coups de dictature forcenée.  Forcément, travail des enfants, tout ça, ça choque… mais pas eux, ni moi. Honnêtement, moi ce qui me choque, c’est l’interdiction faite aux enfants de travailler, pour moi c’est de la décadence. Qu’est-ce que j’aurais fait dans mon enfance si je n’avais pas eu le droit de travailler? L’enfant de 4 ans qui garde le troupeau adore ça, ça lui donne des responsabilités de petit homme. Je suis perclus de souvenirs du même ordre.  Ce qui est crucial, c’est qu’il ne soit pas esclave, qu’il aille à l’école. Mais qu’il n’ait pas le droit de travailler est un recul sociétal, une privation de liberté. Moi j’étais tout le temps chez ma tante. A 6 ans je débitais du bois à la scie circulaire, à 10 ans j’ai appris à utiliser la tronconneuse. On travaillait son jardin de 3000m2, j’avait 4 ans, j’étais assis sur le treuil de la charrue, comme j’étais trop léger le treuil basculait en avant, alors je me cramponnais pour lutter contre la traction de la charrue. Elle elle tenait la charrue et moi je contrôlais la traction. On allait ensemble aux champs faucher, faner, endainer, charger le foin… avec le cheval, c’était fantastique. …Et maintenant c’est interdit, sauf exception pour les enfants de plus de 12 ans dans les fermes ? C’est de la décadence et une injustice liberticide, clairement.  Et pour Evo Morales, qui préside un pays qui a le niveau de développement de la France en 1970, ce ne sont pas les lois occidentales issues de la civilisation occidentale, dont la richesse repose en grande partie sur l’exploitation de la richesse bolivienne, qui décident du fonctionnement de la société bolivienne, qui doit fonctionner conformément à son niveau de développement.  Evo Morales est quelqu’un d’empathique, je n’en doute pas une seconde et en remettant les pendules à l’heure sociétale de son pays (au propre comme au figuré), Morales remet tout simplement la Bolivie sur le chemin de son développement naturel. Et en Bolivie, qu’un enfant sache faucher, manier la fourche, garder le troupeau, cultiver, bricoler, est au moins aussi important que de savoir lire, écrire et compter.  D’un point de vue économique, Morales est un résistant à une arnaque occidentale imposée aux pays d’Amérique centrale, des dettes où les intérêts représentent 50x, le montant de la dette, c’est du très grand n’importe quoi. Et Morales n’a rien fait de plus que ce que la commission de surendettement fait chez nous lorsqu’une entreprise ou un particulier surendetté va piailler en disant qu’il doit plus d’argent à la banque qu’il n’en a emprunté alors que ça fait déjà des années qu’il sue pour rembourser, ce qui est évidemment une situation d’usure.  Ce qui déplaît, c’est que Morales n’est pas de gauche. Il n’est ni marxiste, ni communiste, ni trotskiste, ni fasciste, ni socialiste. Non, il est bolivien.  Personnellement, je suis d’accord avec chacune des positions d’Evo Morales explicitées ici : http://www.actulatino.com/2014/01/07/bolivie-evo-morales-ne-s-oppose-pas-au-travail-des-enfants/ Ce type est un mec bien !

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