« Supraconducteur » dans l’ensemble du site

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On parle finalement assez peu de la supraconductivité, on parle d’IA, d’informatique quantique, de colonisation de Mars, de transports, d’énergies renouvelables, mais finalement assez peu de supraconductivité, parce que finalement on ne sait pas vraiment ce qu’elle implique. Pourtant tous ces sujets dépendent directement de la supraconductivité. La supraconductivité, c’est en fait très simple : elle permet de transporter du courant sans perte, c’est-à-dire sans échauffement. Si vous tirez du courant sur un câble électrique de trop faible section, le câble chauffe, c’est la résistivité électrique. Et s’il chauffe trop, il peut évidemment déclencher un incendie, mais il y a aussi une déperdition d’énergie. Pour compenser l’énergie perdue en chaleur, il faut envoyer plus de courant pour avoir l’énergie attendue à l’autre bout. Avec la supraconductivité, vous pouvez envoyez bien plus d’énergie dans un câble bien plus petit. Et là les conséquences sont mirobolantes à tous les étages.

Dans une installation électrique standard, sur un bateau, un avion, une voiture, on tire un fil pour chaque appareil alimenté. En fonction de sa consommation, on va devoir adopter une section plus ou moins grosse. Quand on sait que dans un avion il y a plusieurs centaines de kilomètres de fils électriques,  on comprend que ça a un certain poids. Si vous allez dans un magasin de bricolage et que vous prenez une bobine de 100 mètres dans la main, vous sentez bien qu’elle pèse son poids. Et plus la section est grosse et plus elle pèse lourd, évidemment. Imaginez que les centaines de kilomètres de câbles d’un avion aient une section deux tiers plus petite… ce sont des centaines de kilos d’économisés, qui peuvent être remplacés par de la charge transportée, des batteries, ou des passagers ou du fret.

Dans une génératrice ou un moteur électrique aussi il y a des pertes. Un moteur électrique chauffe, de même que l’alternateur d’une génératrice quand on tire dessus. Ca fait que la puissance absorbée du moteur ou la puissance totale de l’alternateur doivent être plus grandes que la puissance délivrée. Ainsi, une éolienne de 1 MW devra avoir un générateur de 1,4 MW. Moins la perte en chaleur, la puissance délivrée est de 1 MW. Et après il y aura la perte de ligne, chez l’habitant, il n’y aura plus que peut-être 0,8 MW disponibles. Si le générateur et la ligne sont supraconducteurs, sans changer la conformation de l’installation, sans avoir un générateur plus gros, l’utilisateur disposera de 1,4 MW. Le gain est donc aussi colossal que l’enjeu. Ca signifie qu’à terme on pourrait avoir bien plus d’énergie disponible avec moins d’infrastructures.  [Lire plus…]